Le coq du clocher

Posté par Bernard POULET le 15 novembre 2007

Comme beaucoup d’églises, celle de Saint-Sauveur a son clocher surmonté du coq traditionnel.

Un jour de grand vent, je crois que c’était en 1937, le pauvre coq censé en donner la direction ne fit plus face à son antagoniste et sortit de ses gonds. Vaincu par la force d’ Eole, il descendit vingt mètres plus bas.

 

 

 

                                     coqduclocher003.jpg

On s’en émut et il fallut remédier à cet incident. Le curé de l’époque se mit en quête de volontaires pour aller remettre à sa place ce volatile d’acier indiscipliné. Les jeunes gens du village, consultés, bien qu’apparemment intéressés par cette tâche, firent la sourde oreille.

Mes parents s’étaient mariés quelques mois auparavant et pour que la cérémonie ait lieu à l’église, le curé avait exigé que mon père, qui n’était pas baptisé, suive des cours de catéchisme pour prétendre au sacrement du mariage. C’était trop demander à mon père qui trouva auprès du curé de la paroisse de Saint-Jacques à Compiègne quelqu’un de plus conciliant. Mes parents se marièrent donc en dehors de Saint-Sauveur et notre curé en fut très froissé…

Mais revenons à notre coq chu et déchu : La seule personne qui se porta volontaire pour reconduire le symbole du lever du jour sur son piédestal fut… mon père ! Monsieur le curé dut se rendre à l’évidence : s’il voulait que son clocher soit recoiffé de son ornement, il fallait faire contre mauvaise fortune bon coeur. Il accepta que le seul volontaire qui se proposait pour rendre sa parure à son église soit celui à qui il avait refusé le sacrement de mariage.

 

 

                                          coqduclocher.jpg

C’est ainsi que par une belle journée, après avoir échafaudé la façade de l’église avec maints cordages échelles et autres planches, on vit mon père, triomphant sur la pointe du monument, brandir le symbole de Saint Pierre avant de le reposer sur son pivot.

Peut être que parmi les spectateurs de cette scène, quelqu’un a photographié cet évènement. Néanmoins je sais qu’Achille Dumez, installé sur le toit-terrasse de la mairie toute proche, a figé sur la pellicule cet instant mémorable. J’ignore ou se trouve maintenant ce cliché que je n’ai pas revu depuis de nombreuses années. Peut être en avez-vous une idée ?

3 Réponses à “Le coq du clocher”

  1. Empinet Marie-Andrée dit :

    Sans doute êtes-vous, Mr Bernard Poulet, le fils de Madeleine, dont le nom et celui de votre mère ont accompagné mon enfance dans les bois de Dordogne où mon père André EMPINET avait été muté en 1959 (petite erreur sur la maison forestière face à la fontaine St-Jean qui pour moi était la fontaine du diable car il y poussait des champignons rouges en forme d’oreilles du diable).
    J’ai été émue de revoir quelques photos du « bouquet » où moi-même petite fille sortant d’une rougeole, je crois, j’avais porté une robe blanche et longue confectionnée par ma mère Jacqueline et émaillée de petit bouquet de myosotis.
    Merci pour ce retour aux années 50 qui commencent à être bien loin maintenant.
    Cordialement
    Marie-Andrée

  2. Empinet Jacques dit :

    Quelle surprise! Je ne sais plus par quel méandre du web je suis arrivé là!
    Ma soeur Marie-André m’a fait part de votre échange.
    Vivant en région parisienne, je suis allé plusieurs fois à St Sauveur. Dans les années 70-80? j’ai même osé frapper à la porte de vos parents, j’ai ainsi eu l’occasion de dialoguer avec votre mère Madeleine.
    Ainsi que l’écrit ma soeur, la fin des années 50 devient lointaine. Toutefois, je me souviens de quelques jeux en commun. Il ne s’agissait pas du coq de l’église mais de pigeons montés sur un plateau rotatif qu’il convenait d’atteindre avec un fusil à flèches avec embouts de caoutchouc!
    Bien cordialement
    Jacques Empinet

Laisser un commentaire

 

targuist |
Gabon, Environnement, Touri... |
Site des Jeunes Tassilunois |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Droit Administratif des Bie...
| L'info back.
| ouvrir les yeux