Les métiers du bois à Saint-Sauveur

Posté par Bernard POULET le 21 octobre 2009

Un village forestier voit son activité centrée tout naturellement sur le bois. les racines de notre village sont celles des arbres qui l’entourent.

Depuis des siècles nos prédécesseurs ont cherché à vivre de la forêt en profitant du privilège de sa proximité.

Le bois est un matériau lourd et encombrant qu’il vaut mieux avoir sous la main que de perdre du temps à le transporter. D’autant plus qu’il y a trois cents ans ce genre de déplacement se faisait à la vitesse d’un cheval…

L’activité de Saint-Sauveur s’est donc organisée autour du bois sous toutes ses formes, de la forêt jusqu’aux produits manufacturés finaux.

  • Toute plante commence par une graine. Les arbres naissent en pépinière. Il en existait plusieurs en forêt de Compiègne. Celle du Hourvari employait plusieurs personnes de Saint-Sauveur. Les pépinièristes avaient en charge l’exploitation et l’entretien de ces espaces du semis jusqu’à la transplantation en zone de reboisement.
  • Les gardes forestiers étaient comme aujourd’hui chargés par les Eaux et Forêts de la surveillance de la forêt domaniale sous tous les aspects. (état des plantations, contrôle de la faune et du braconnage, marquage et adjudication des lots et parcelles aux industriels du bois.
  • Les patrons de scieries devaient souscrire aux adjudications de bois sur pied et leur métier d’industriels du bois consistait à approvisionner leur usine de la matière indispensable à leur activité.
  • On voyait partir tous les matins sur leur vélo les bûcherons avec leurs outils: cognées, passe-partout, coins et scies en tout genre. Ils passaient la journée dans la parcelle que leur avait allouée le garde-forestier, souvent assez loin de leur maison. Il abattaient les arbres martelés par les gardes en veillant à ne pas endommager les arbres voisins lors de la chute, puis les débarrassaient de leurs branchages.
  • Les débardeurs entraient alors en action. Les brioleurs rapprochaient les arbres gisant dans le sous bois des endroits accessibles aux grumiers. Ils utilisaient pour cela des haquets qui, tirés par des chevaux, faisaient glisser les fûts vers les chemins carrossables.
  • Les grumiers prenaient en charge les longs troncs en les hissant sur des remorques conçues à cet effet. L’acheminement vers les scieries adjudicataires se faisait ensuite grâce à des chevaux de trait.
  • Les troncs livrés aux scieries allaient subir des transformations qui dépendaient de la destination finale qu’on leur attribuait. Les exploitants étaient eux-même spécialisés selon la forme de leur produit: les uns faisaient des planches et des poutres, les autres du déroulage. On trouvait donc tantôt des scieurs de long qui faisait des planches, et des dérouleurs qui faisaient des panneaux de plaquage destinés à l’habillage de meubles et autres objets.
  • Certains établissements cumulaient et associaient l’activité de scierie avec une autre fabrication en aval. Un fabricant de bois de brosses et une usine de tournage sur bois avaient leur propre scierie. Une fabrique d’allumettes et un  fabricant de bâtons d’esquimaux faisaient également eux-même leur déroulage. Les troncs étaient roulés vers les machines par des tourne-billes.
  • Dans le cas général les scieries livraient des produits bruts (planches et autres formes) à des usines plus petites et spécialisées dans des productions spécifiques.
  • On pouvait voir dans le village des petits ateliers tels un fabricant de jouets, une fabrique de dents de râteaux, un ébéniste en postes de radio, des borduriers qui fabriquaient des cadres de miroirs.
  • On avait dans le village deux menuisiers traditionnels qui s’occupaient de l’agencement des maisons (portes, fenêtres, escaliers et autres boiseries). L’un d’entre eux étendait même son activité à la fabrication de cercueils.
  • On ne peut parler de la maison sans évoquer nos charpentiers dont deux se sont distingués en construisant des refuges de haute montagne ! (voir article spécifique)
  • Venaient ensuite une multitudes de petites échoppes façonnant des objets à la limite de l’art. Des brossiers plaqueurs ornementaient des brosses de luxe. Des ébénistes décoraient des meubles avec de la marquetterie et des sculpteurs agrémentaient les meubles avec dextérité.
  • Beaucoup de ces entreprises employaient des vernisseurs car la finition des objets en bois passe par cette opération qui nécessite un tour de main bien particulier.
  • Le tour d’horizon serait incomplet si on omettait de parler des tonneliers qui ont exercé leur art à Saint-Sauveur jusqu’au 19ème siècle.
  • J’ignore s’il y avait des charrons et des sabotiers mais c’est fort probable.
  • Et n’oublions pas les usages du bois à des fins de chauffage: Saint-Sauveur chauffait ses maisons avec du bois que chacun se procurait à sa façon…

Durant deux ou trois siècles les rues de notre village ont été baignées par les odeurs du bois coupé et ont été animées par des attelages venant de la forêt. On n’entend plus aujourd’hui les grincements des scies et les bruits des troncs qui roulent lourdement au sol.

Les métiers ont changé, mais Saint-Sauveur est toujours un village forestier.

Une Réponse à “Les métiers du bois à Saint-Sauveur”

  1. Patrick dit :

    Article très intêressant. Merci pour ces infos.
    Bonne journée

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