La poste dans les années 50

Posté par Bernard POULET le 28 août 2010

Le bâtiment de la poste de Saint-Sauveur est l’ancien presbytère dont la commune reprit possession à l’occasion de la séparation de l’église et de l’Etat en 1905.

A cette époque une grille en bordure de rue entoure une petite cour devant l’entrée. Sur le trottoir trône une borne Michelin qui indique les directions de Compiègne et de Béthisy-Saint-Pierre.

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En entrant dans le bureau de poste (par la même porte qu’aujourd’hui) on est d’abord frappé par l’odeur fétide qui règne dans la pièce. Vieux papiers et manque d’aération en sont responsables. Les petites ouvertures, les barreaux aux fenêtres , la couleur sombre du bois en ajoutent encore à cette ambiance un peu glauque.

Sur le côté gauche et jusqu’à la fenêtre du fond, un comptoir avec soubassement en bois et partie haute grillagée jusqu’au plafond. Le bois a la couleur du bois ciré, mais seulement la couleur.

la tablette du comptoir est poisseuse et un peu collante à cause du nombre de bras et de mains qui sont venus s’y appuyer. Un petit guichet en demi-cercle est aménagé dans le grillage derrière lequel nous accueille la postière.

A droite un petit passage donne sur deux cabines téléphoniques, elles aussi en bois « ciré ». Ce sont pratiquement les seuls téléphones du village.

Elise, fonctionnaire d’un âge certain et d’humeur incertaine est le passage obligé de tous les services qu’on est en droit d’attendre des PTT (on disait alors Postes Télégraphes Téléphone).

Les sketches que l’on a tous entendus à propos des postières ont dû être inspirés de la nôtre. Sourires et amabilité aux abonnés absents.

Pour téléphoner, les Sansalvatoriens n’ont d’autres choix que celui de venir demander à Elise, en attendant leur tour, le 61 à La-Croix-Saint-Ouen par exemple. Faisant fonction d’opératrice locale, la préposée décroche son gros combiné de bakélite noire et demande  à sa collègue au central de Compiègne : « çà va Joceline ? Passé un bon dimanche ? Tu pourrais me passer le 61 à La-Croix-Saint-Ouen ? » . Puis elle raccroche en attendant la communication.

Il faut ensuite attendre, en retrait pour ne pas gêner les autre clients, que Elise, rappelée par sa collègue compiègnoise, lance à la cantonade: « le 61 à La-Croix-Saint-Ouen en cabine 1 « . Le compteur est en marche, il faut se précipiter dans ladite cabine pour parler à son correspondant.

Après avoir raccroché et être sorti de la cabine, Elise annonce : »çà sera quatre francs vingt s’il vous plait ».

Le téléphone est une des principales activités du bureau de poste mais, comme aujourd’hui la vente de timbres, la distribution de colis et de courrier, ou encore la gestion des célèbres livrets d’épargne représentent une grosse activité.

La buraliste est aidée en cela par Gracienne qui la seconde dans les taches administratives et de la factrice (Madame Marin) qui distribue le courrier à Saint-Sauveur. Cette dernière parcourt le village tous les jours avec son vélo lourdement chargé de lettres de tous genres et de colis. Deux caisses de bois sont arrimées à cet effet à l’avant et à l’arrière de sa bicyclette.

La factrice est également porteuse de sommes d’argent importantes car elle délivre les montants des pensions et des mandats à domicile. Elle vend aussi des timbres pour rendre service à des personnes ne pouvant se déplacer.

 

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