Le Hazoy

Posté par Bernard POULET le 24 mars 2011

Au nord de Béthisy-Saint-Pierre et à l’est de Saint-Sauveur s’étend une plaine cultivée appelée « plaine du Hazoy ». Cette étendue est aux trois quarts fermée par la forêt de Compiègne.

Cette plaine est contiguë à l’est d’une zone forestière nommée « les Grueries ».

Le Hazoy dans Histoire locale pdf lehazoy.pdf

A la limite de ces deux parcelles on peut remarquer une belle et massive demeure qui fut probablement bâtie sur les fondations de l’ancienne gruerie.Le nom de Hazoy viendrait du latin « haga » et signifie « maison forte environnée de bois ». Une autre origine de ce nom serait le mot « Haie » venant de l’expression « chasser à la haie » qui consistait à encercler le gibier dans une enceinte de haies.

hazoy

La propriété est équipée d’un puits monumental capable d’extraire de l’eau de plus de cinquante mètres de profondeur. Nous sommes à 130 mètres d’altitude et la nappe est loin de la surface…

Le parc autour de la maison est immense bien qu’ayant été réduit au fil des siècles.

Ce fut le siège du gruyer général de Cuise et de la Prévôté royale de Verberie à partir de 1152 , date à laquelle les gruyers quittent la maison royale de Saint-Jean pour le Hazoy créé par Richard II de Béthisy.

Le Seigneur Gruyer du Hazoy était jusqu’au XIVème siècle un personnage important et puissant qui était craint de la population. Il jouissait de droits et pouvoirs pratiquement illimités. Il avait « droit de fourche et de haute justice » (qu’on appelait « droit d’échelle ») sur toute la forêt de Cuise.

Son influence s’appliquait sur une juridiction appelée « charge de gruerie ». Il tenait audience près de l’endroit où se trouve le carrefour des Grueries. L’arbre des Grueries était un arbre remarquable à l’ombre duquel le Gruyer rendait justice.

carrefourdesgrueries.jpg

Il avait pour rôle de prélever pour le roi l’impôt de gruerie destiné à l’entretien des forêts. Ces droits étaient perçus même sur les propriétés royales !

  • Le droit de paisson (ou de pâturage) perçu, en plus d’un loyer, auprès des propriétaires de chèvres et de brebis (paissonniers) du 15 août au 31 décembre pour être autorisés à mettre leur troupeau en forêt.
  • Le droit de glandée (ou de panage) était acquitté par les éleveurs de porc qui voulaient mener les bêtes se nourrir de glands en forêt.
  • Les villageois pouvaient retirer de la forêt des « bois morts et gisants » à dos d’homme ou d’âne à condition d’avoir payé la taxe spécifique.
  • Le « droit de bois vert ou mort bois » consistait à taxer les villageois qui désiraient couper des bois pour leur chauffage. En plus de ladite taxe le gruyer prélevait une partie des bois coupés pour son besoin personnel.

Il pouvait saisir les bois objets du délit jusqu’à l’entrée de la maison du contrevenant. Dès le déchargement dans la cour du voleur de bois le gruyer ne pouvait plus intervenir. C’est le roi Jean le Bon qui mit fin à ces pratiques abusives.

La charge de gruyer était héréditaire et procurait une certaine immunité à son titulaire. Les gruyers successifs s’étaient attribué le nom de cette charge comme patronyme et on a ainsi vu Etienne, Pierre, Simon, Philippe, Gilles le Gruyer…

Ceux qui souhaiteraient plus de détails peuvent consulter avec le lien suivant les quelques pages d’un ancien texte de l’abbé Carlier édité par la Bibliothèque Nationale :http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k206376n/f278.image

En 1729 cette propriété fut vendue et devint une ferme. A-t-elle été poste forestier entre temps ?

Je me souviens qu’étant enfant on y venait regarder des dresseurs de chiens d’attaque qui évoluaient dans son parc.

Les environs de cet endroit restent un but de promenade très prisé des habitants de la région car très calme et propice aux rencontres giboyeuses.

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