Les jeux d’extérieur dans les années 50

Posté par Bernard POULET le 25 février 2014

 

Il fallait nous occuper avec de rares jouets et accessoires, mais la taille de notre terrain de jeux compensait largement le manque.

Un jokary, un tir aux pigeons et une vieille trottinette étaient mes jeux favoris quand le temps était beau.

Je me souviens avoir joué avec une voiture à pédales rouge qui voulait ressembler à une jeep et à laquelle mon frère avait ajouté un tableau de bord sous le volant.

Ce tableau de bord s’inspirait de celui de vraies voitures, avec des boutons faits de vis à tête chromée et un cadran dessiné au crayon.

auto à pédales 

Comme nous n’avions pas le droit de jouer sous le noyer sous peine « d’attraper la mort », mon oncle Robert avait suspendu une balançoire à une grosse branche de pommier dans le pré voisin qui appartenait à ma grand-mère. Les jours d’été nous passions des heures à nous balancer.

Nous pouvions aussi en passer d’autres à attraper des sauterelles et à faire des galipettes avec les cousines dans l’herbe drue.

Nous attendions avec impatience la pousse des feuilles sur les branches qui allaient nous servir de matériaux pour la construction de cabanes en forêt.

C’était interdit de couper les branchages, mais le fait d’avoir pour compagnons de jeux les fils du garde forestier nous donnait tous les droits.

Il restait encore de nombreuses tranchées de la seconde guerre mondiale. Il suffisait de les recouvrir d’une charpente de grosses branches, recouverte à son tour de branches plus serrées puis de feuilles mortes.

De telles cabanes étaient pratiquement invisibles pour les bandes rivales qui n’auraient pas manqué de les démolir, tout comme nous aurions démoli les leurs.

Avec des moyens de fortune, nous construisions, selon la saison, des chariots ou des traîneaux. Ils nous permettaient de nous griser de vitesse et de nous érafler les genoux et les coudes, en descendant les sentiers pentus.

 chariot

Nous nous amusions parfois à barrer le lit d’un ruisseau avec des branches et de la boue, comme le font les castors. Le niveau montait jusqu’à provoquer une faille irrémédiable dans notre édifice : les flots emportaient alors tout le barrage en bouillonnant bruyamment.

Nous fabriquions des arcs, des flèches et des javelots avec des branches de noisetiers rectilignes.

Une branche en forme de fourche et un morceau de chambre à air se prêtaient facilement à la confection d’un lance-pierre.

Le bois creux du sureau devenait un sifflet ou un mirliton après séchage de sa moelle et évidage du morceau choisi pour son absence de nœud.

 sifflet sureau

Les pistolets à amorces apparurent. Ils étaient en métal voisin du zamak. Ils claquaient sec lorsque le chien venait frapper la série de petites charges de poudre contenue dans le papier du rouleau. Ce dernier avançait d’un pas à chaque tir.

Ces armes étaient inoffensives contrairement aux pistolets à bouchons. Les bouchons renfermaient une quantité de poudre plus importante et projetaient parfois des poussières fumantes et incandescentes.

Plus scabreux était l’exercice qui consistait à grimper le plus haut possible sur de jeunes arbres flexibles jusqu’à ce qu’ils se courbent sous notre poids et que nos pieds touchent le sol. Nous appelions cela faire « pliette ».

Grâce aux lianes tombant des hautes branches nous pouvions jouer les Tarzan avec cependant moins d’adresse et d’efficacité que notre modèle. Parfois la liane cédait…

A l’automne, fruits et baies faisaient notre délice. Noisettes, faînes, mûres, nèfles et framboises se dégustaient sur pied. Les taches sur nos vêtements rendaient compte du menu de l’après-midi.

Nous étions bien loin des jeux électroniques et autres consoles mais l’imagination en remplaçait avantageusement la technicité…

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