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le chauffage dans les années 50

Posté par Bernard POULET le 11 février 2014

Notre maison était chauffée au bois comme la plupart des habitations de la région à cette époque. Il nous fallait en assurer l’approvisionnement.

Le bois, disponible dans la forêt proche, n’en était pas moins lourd et encombrant. Son ramassage pouvait même être interdit dans certaines conditions.

Nous partions pour l’après midi avec une brouette ou une remorque à bras, des cordes pour attacher le bois ou pour nous sortir d’éventuelles mauvaises passes.

Scies égoïnes et serpes faisaient partie de l’expédition, bien qu’interdites : on les cachait dans des sacs en jute au fond de la brouette.

Aux remorques on préférait la brouette à roue de bois cerclée d’acier. Elle était plus facile à manier dans les passages étroits et difficiles.

Pour faire tomber les branches sèches hors d’atteinte, nous utilisions un crochet ou une ficelle munie d’un écrou à son extrémité, ce qui lui permettait, une fois lancée, de s’enrouler autour de la branche convoitée. Il ne restait plus alors qu’à tirer pour que la branche (ou la ficelle…) casse.

Les chablis, arbres secs déracinés et couchés, ainsi que les grosses branches mortes étaient nos proies favorites. Elles finissaient coupées en un mètre, en travers de la brouette.

brouette

Nous rehaussions le dosseret de la brouette pour en empiler davantage, et ma mère, qui poussait le chargement, voyait à peine devant elle, tant il était haut.

Les passages boueux, parfois à gué de ruisseau, devaient être franchis en tirant la brouette avec une corde. Il est arrivé plus d’une fois qu’une cargaison bascule dans un bourbier.

Les hommes du quartier transportaient de longs chargements de branches et de petits arbres sur leurs épaules. On disait qu’ils ramenaient des épaulées. Il fallait prononcer : « épaulayes ».

Certains remplaçaient la selle de leur vélo par un deuxième guidon qui formait un berceau avec le premier supportant le long et pesant fardeau. Ils revenaient au village en marchant à côté de la bicyclette lourdement chargée.

En rentrant à la maison, le bois devait être stocké, de préférence à l’abri de la pluie, en attendant d’être débité en bûches de trente centimètres, longueur adaptée à l’ouverture de la cuisinière.

Le bois de chauffage était débité avec une scie circulaire montée sur un châssis de chêne et entraînée par un moteur électrique. Pour les grosses bûches, elle était entraînée par un moteur à essence monocylindre qui, un jour, me fit une grande frayeur : la courroie reliant la scie au moteur se rompit et le lourd moteur, monté sur un cadre métallique, se mit à dévaler la pente de la cour en faisant des bonds au rythme des va et vient de son énorme piston.

J’étais bien sûr le seul à avoir eu peur car ce monstre d’acier incontrôlé avait été impressionnant seulement pour l’enfant de dix ans que j’étais. Mes parents et mon frère s’étaient bien moqués de moi.

L’hiver, on allumait la cuisinière avec des brindilles tous les matins. C’était la tâche des enfants de remplir chaque jour un panier de petit bois. Bien que facilité par la proximité de la forêt de l’autre côté de la rue, ce travail était perçu comme une corvée.

Il arriva plus d’une fois que le panier ne fût plein qu’en apparence : un mince étage calé dans la partie supérieure du panier faisait croire à un ravitaillement débordant…

Le travail d’artiste qu’était cette duperie enfantine prenait en fait beaucoup plus de temps qu’il n’en aurait fallu pour remplir un plein panier.

Le matin nous étions réveillés par le bruit de la grille de la cuisinière, qu’on secouait pour faire tomber la cendre de la nuit. Les quelques braises qui subsistaient permettaient parfois de rallumer le feu plus rapidement qu’avec du papier et du petit bois.

Le bois fut le seul moyen de chauffage de la maison jusqu’à l’arrivée d’un poêle à mazout qui, installé dans la salle de bain, contribua au confort de la toilette à partir de 1958.

L’hiver, sur la fenêtre de la chambre, il n’était pas rare de voir, dans la lueur du matin, les superbes motifs irisés dessinés sur les vitres par le givre.

Les soirs d’hiver, au moment de se coucher dans une chambre non chauffée, le lit était une vraie glacière.

Pour atténuer la froideur des draps, nous disposions au fond du lit une bouillotte ou une brique préalablement chauffée dans le four de la cuisinière puis enveloppée d’un linge afin qu’elle ne nous brûle pas les orteils.

bouilotte

Dans sa partie basse, la cuisinière comportait une sorte d’étuve où nous rangions nos chaussons pour qu’ils soient bien chauds au moment de les enfiler.

Un soir, après avoir chaussé nos pantoufles, des miaulements faibles, comme lointains, se firent entendre. Notre chat, Pompon, devait être en difficulté. Après avoir cherché dans toute la maison, nous le découvrîmes, la langue pendante, dans l’étuve qui s’était refermée sur lui alors qu’il s’était assoupi bien au chaud…

cuisinière b

Pour que le dessus en fonte de la cuisinière reste brillant, il fallait de temps en temps le frotter avec une toile émeri fine pour supprimer les salissures dues aux débordements des cuissons.

Ma mère affûtait régulièrement ses couteaux sur la cuisinière comme sur un fusil de boucher. Le frottement des lames en avait d’ailleurs arrondi et usé tout un angle.

Le feu devenait parfois si violent que le tuyau qui sortait du fourneau rougissait. On tournait alors la clé pour couper le tirage. La fumée se répandait dans la cuisine, et nous devions ouvrir la fenêtre malgré le froid.

Vers 1960 le chauffage central apparut, une installation traditionnelle sans ballon d’eau chaude, ni régulation, ni pompe. L’eau circulait dans les tuyauteries et dans les radiateurs par différence de densité entre l’eau chaude et l’eau refroidie.

La chaudière était alimentée avec du bois comme la cuisinière.

C’est seulement vingt ans plus tard que l’arrivée du gaz naturel à Saint-Sauveur permit l’installation d’une chaudière fonctionnant avec ce combustible nouveau.

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Les carrefours forestiers autour de Saint-Sauveur

Posté par Bernard POULET le 22 mai 2011

Notre village est niché dans la forêt et en fait partie intégrante.

Les routes et chemins qui le desservent sont pour la plupart d’anciens chemins forestiers.

Ces chemins portent historiquement des noms qui datent de l’époque où le massif forestier qui nous entoure fut quadrillé, pour les besoins de la chasse aux XVIème et XVIIème siècles, par des voies qui se croisent le plus souvent de façon triangulaire.

Deux cavaliers guetteurs placés aux intersections pouvaient ainsi surveiller le passage des gibiers d’une parcelle à l’autre.

Ces carrefours, concrétisés depuis 1827 par des poteaux blancs qui nous sont familiers, portent souvent des noms en rapport avec la chasse et les rois de passage à Compiègne, Ils ont donné leur appellation aux routes qui les traversent.

Une plaque portant leur identification est fixée sur le poteau à hauteur de cavalier.

Dans un rayon de quelques kilomètres autour de Saint-Sauveur nous pouvons ainsi noter une vingtaine de poteaux blancs dont chacun porte un trait rouge sur sa face dirigée vers le château de Compiègne. Ce repère date du second empire et a pour origine une promenade de l’impératrice Eugénie qui se serait « retardée »…

Notons au passage que notre partie de la forêt appelée « Bois de l’Isle » ne comporte pas ce genre de repères car c’était un bois privé qui ne fut rattaché que récemment à la forêt domaniale.

Faisons une petite liste de ces carrefours:

  • Carrefour de Picardie : en référence à la province dans laquelle nous nous trouvions.
  • Carrefour de la sente aux poireaux : mon hypothèse personnelle est que l’ail sauvage qui abonde dans les abords de ce carrefour et qui est très odorant lors sa floraison est à l’origine de ce nom.
  • Carrefour de la Michelette : un puits du même nom aurait y existé en 1772
  • Carrefour du Soupiseau : étymologiquement viendrait de l’eau qui sourd à fleur de terre.
  • Carrefour de la Fontaine Saint-Jean : nom de la source aménagée en ce lieu et dédiée à Saint-Jean-Baptiste.
  • Carrefour des Romains : probablement en rapport avec le hameau gallo-romain installé à cet endroit autour de fours de potiers.

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  • Carrefour du Hourvari : nom donné à la ruse du cerf consistant à revenir sur ses pas pour tromper les chiens lancés à sa poursuite. Maintenant nommé Carrefour Pierre Desbouis en hommage au brigadier de ce nom de 1895 à 1927.
  • Carrefour du Pont de la Reine : appellation datant de 1763 pour Marie Leszczinska ?
  • Carrefour de la Volière : probable emplacement d’une volière à l’usage de fournir des oiseaux pour la chasse à tir.
  • Carrefour du Tonnerre : Uniquement allusion aux éléments naturels.
  • Carrefour Pannelier : nom du protégé de Marie-Antoinette qui planta la forêt de chênes pédonculés.
  • Carrefour des Molineaux : de nombreux moulins existaient sur le ruisseau voisin.
  • Carrefour des prés du Rosoir : autrefois Rozoir et plus herbeux que boisé.
  • Carrefour du Maupas : porte ce nom depuis 1772 sans qu’on connaisse le sens.
  • Carrefour de la Hideuse : lieudit de ce nom depuis 1372
  • Carrefour Delageneste : nom du conservateur des Eaux-et-Forêts de 1860 à 1876
  • Carrefour de Mars : en référence au dieu de la guerre.
  • Carrefour de Saint-Ouen : en rapport avec celui qui fut le référendaire du roi Dagobert 1er.
  • Carrefour des Quatre Sapins : les plus anciens d’entre nous se souviennent des 4 sapins situés à chacun des angles de ce carrefour. Aujourd’hui n’en subsistent que deux.
  • Carrefour de la Malmaire : Une « mauvaise mare » avait réputation au début du XIème siècle d’occasionner des fièvres aux habitants des environs.
  • Carrefour d’Orbay : nom du contrôleur général de Louis XIV qui mena le projet de ce qui est devenu le haras national de Compiègne.
  • Carrefour du Brocard : en référence au nom donné à un jeune cerf ou chevreuil d’un an.
  • Carrefour des Grueries : emplacement de la résidence du Gruyer de la chatellenie de Béthisy Verberie
  • Carrefour de la Place aux Veaux : référence aux droits de pacquage et pâturage. C’est, à ma connaissance, le seul poteau métallique de la forêt construit en profilés rivés.

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  • Carrefour Antoinette : en honneur de la reine du même nom.
  • Carrefour du Boquet Gras : proviendrait du surnom d’un individu…
  • Carrefour (du) Solitaire : contre toute attente il n’y aurait aucune allusion au sanglier du même nom. Trouverait simplement sa signification dans l’isolement du site.
  • Carrefour des Réunions : en ce lieudit « les réunions Louis le Grand » plusieurs bois furent réunis dans le but d’agrandir le domaine forestier royal de 1666 à 1759.
  • Carrefour des Princesses.

Pour mieux situer ces noms de lieux il est recommandé voire indispensable d’avoir sous la main une carte de la forêt de Compiègne.

Les carrefours forestiers autour de Saint-Sauveur dans Forêt, industries du bois pdf fortautourdestsauveur.pdf

Pour clore cet article je me dois de citer l’ouvrage bien connu de Jean-Claude Malsy « La forêt de Compiègne – sur les chemins de l’histoire » qui fait référence en la matière.

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L’activité brossière

Posté par Bernard POULET le 17 janvier 2011

Le village de Saint-Sauveur est très lié à la brosserie.

La proximité de la forêt en est certainement la cause première. Les bois et les manches de ces ustensiles indispensables ont en effet longtemps été fabriqués avec ce matériau.

Les matières modernes ont peu à peu remplacé le bois et l’industrie brossière s’est éloignée vers d’autres horizons. Les prix de revient attractifs des contrées lointaines ont sans doute aidé à ce transfert qu’on appelle aussi dé-localisation.

Les villages voisins, particulièrement Béthisy et Saintines, sont également très impliqués dans cette activité.

En 1765 Saint Sauveur est la première commune brossière de France. On y fabrique des brosses à frotter, à cire, de cavalerie, de chapelier, de tisserand,de troupe, décrottoires, spatules, dragonnes, à deux faces, de chien, de comptoir, à balais…

C’est l’une des deux seules localités de France où l’on fabrique des bois de brosses.

Déjà en 1850 plus de 100 ouvriers sont occupés par la brosserie dans notre village en travaillant dans les ateliers Harmand Bombars et Lefevre.

En 1865 une des plus ancienne brosserie est créée : L’entreprise Auguste puis Charles Gourdelier qui fonctionnera jusqu’en 1911 à l’emplacement que la SIAM a occupé plus tard. En 1892 une machine à vapeur donnait le mouvement aux machines de cette brosserie.

le Syndicat des industries brossières de l’Oise est créé à Saint-Sauveur en 1893.

Après que des habitations aient occupé les lieux et la guerre finie, la brosserie Bontemps prend le relai en 1915 sur le même emplacement.

En 1898 le ministre de la guerre (Charles de Freycinet), par sa décision de faire fabriquer les brosses nécessaires à l’armée dans les prisons, déclenche une crise grave de  l’activité brossière.

Les brosseries emploient plusieurs dizaines de personnes dans le village mais un effectif presque aussi important travaille dans des scieries qui fabriquent des bois de brosses.

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 Des petits ateliers, comme celui de mon grand-père, étaient spécialisés dans la décoration, la marqueterie et le vernissage des brosses. D’autres artisans façonnaient et perçaient des bois, opération difficilement réalisable avec des machines.

En 1955, 6 usines à brosses fonctionnaient encore à Saint Sauveur.

Et si on ajoute les nombreuses ménagères qui travaillent à domicile au montage des poils de soie, de chiendent ou de nylon dans les bois de toutes formes, plus de deux cents personnes vivaient de la brosserie dans le village dans les décennies 50 60.

En effet les articles de luxe ou de formes particulières ne peuvent être montés à la machine et on fait largement appel au travail manuel à domicile.

Une grosse société , La Brosse et Dupont, envoyait même de Beauvais une ou deux fois par mois une camionnette pour ravitailler les ouvrières à domicile en bois et poils de nylon, et reprendre les brosses terminées. Il s’agissait de brosses pour chiens munies d’un réservoir de bakélite destiné à recevoir un liquide de toilette. Les montures ovales en bakélite étaient comptabilisées, les poils pesés et la ficelle mesurée, de façon à ce qu’aucune pièce ne soit détournée…

J’ai encore en mémoire la petite table qui était consacrée à ce travail dans un coin de la cuisine de mon enfance. Un gros piton vissé sur un coin servait à donner la tension à la ficelle qui maintenait la pincée de poils de nylon pliée en la faisant pénétrer dans le trou du bois. Si la pincée était trop grosse, elle ne rentrait pas dans le trou et si elle ne comportait pas assez de poils elle passait à travers ! On imagine la dextérité nécessaire pour prendre rapidement la quantité de nylon optimum une centaine de fois par brosse…

J’entends encore le bruit de tension de la ficelle qui faisait bondir la table à chaque trou de brosse.

La majorité des brossières à domicile travaillaient pour la brosserie Charette de Béthisy avec le même principe mais pour des pièces plus grosses.

Les doigts des brossières étaient abîmés car ce travail avec des gants était impossible.

Il reste aujourd’hui en France 900 personnes employées par 80 brosseries dont 20 de taille artisanale… Mais aucune dans la région.

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Les allumettes de Saint-Sauveur

Posté par Bernard POULET le 11 décembre 2010

Quand on parle d’allumettes chez nous on pense immédiatement à la « MANU ».

Cette usine installée sur le territoire de notre voisine de Saintines a été une des plus  grosses fabriques d’allumettes en France pendant des décennies. Elle a été aussi le plus gros employeur de la région.

Sont-ce les nombreuses plantations de peupliers qui ont entrainé la fabrication d’allumettes ou l’inverse ? De toute évidence ces deux activités sont liées.

L’allumette dite « de sureté » que nous connaissons aujourd’hui a été inventée par le suédois Gustaf Erik Pasch en 1844.

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En 1853 un certain Monsieur Crépu commençait à fabriquer des allumettes à Saintines. Il avait pour cela racheté le moulin à blé au bord de l’Automne. Le sieur Pariset y a poursuivi cette activité jusqu’à la main mise de l’état.

A la même époque la fabrication d’allumettes a commencé à Saint-Sauveur.

En 1858 Clément Frédéric Mélin, marchand de bois et boulanger, se lançait dans cette nouvelle fabrication dans notre village.

Sa fabrique était située en haut de la rue Pierre Lacaille (plan ci-dessous datant du 14 décembre 1867).

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Malheureusement ce plan ne nous donne pas l’emplacement exact des bâtiments de cette fabrique sinon qu’elle se situait à la hauteur du numéro 88 de la rue Pierre Lacaille.

En 1861 Monsieur Mélin emploie environ trente ouvriers lorsqu’il revend son entreprise à Pascal Bourbier qui déposera un brevet sur la façon de découper les allumettes.

L’activité diminue, le nombre d’ouvriers passe à quinze, et en 1863 la petite fabrique doit fermer. Ce ne fut qu’un arrêt anticipé car la fabrication d’allumettes devint un monopole d’Etat par la loi du 2 août 1872 afin de lever un impôt après la guerre de 1870.

Cette année là, environ 550 fabriques d’allumettes ont été expropriées par le gouvernement Thiers.

C’en sera fini des allumettes à Saint-Sauveur; même si la SIAM, beaucoup plus tard commercialisera certains types d’allumeurs en paraffine produits par la SEITA à Saintines.

Depuis 2007 on ne fabrique plus d’allumettes en France.

Cependant, on peut affirmer sans se tromper que chaque maison sansalvatorienne possède encore un stock conséquent de boîtes marquées du petit « S » qui distingue les emballages des allumettes sortant de l’usine de Saintines…

Merci à Claude Gerbault et Daniel Carbonnier qui m’ont permis d’utiliser certains éléments contenus dans le bulletin municipal n°19.

Voir le blog très documenté qui traite tout spécialement des allumettes :

http://mes-allumettes.over-blog.com/categorie-10536799.html

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Les gardes forestiers en 1888

Posté par Bernard POULET le 30 mars 2010

A la fin du dix neuvième siècle les gardes forestiers avaient des devoirs et des pouvoirs qui étaient assez différents de ce qu’ils sont de nos jours.

Ils devaient tenir à jour et porter sur eux en permanence leur « livret pour les préposés forestiers ». Ce livret rendait compte jour par jour de leur activité, leurs constats, et toute anomalie constatée devait y être consignée.

livretforestiercouverture.jpg  livretforestierpage1.jpg   carnetforestierpage2.jpg

Ce livret devait être visé par le brigadier si celui-ci était rencontré lors d’une tournée. Imaginons, en pleine forêt, l’aspect pratique d’un carnet d’une centaine de pages de 21cm x 17cm avec un porteplume et un encrier…

Ce livret contenait également dans ses 12 premières pages une description du statut et des pouvoirs des gardes ainsi que des cantonniers dont ils devaient surveiller les travaux.

En voici un résumé de quelques points particuliers :

  • Les gardes forestiers sont officiers de police judiciaire et sont sous serment
  • Ils peuvent dresser procès verbal seuls pour un délit de moins de cent francs.
  • Ils sont assimilés aux huissiers pour citations ou significations.
  • Ils détiennent un mousqueton (Lebel) qui leur est confié pour leurs fonctions.
  • Ils sont exempts de garde nationale
  • Ils leur est interdit de prendre part à tout commerce de bois, de tenir auberge, de chasser, d’avoir des chiens courants.
  • Ils veillent de jour comme de nuit à la conservation des forêts.
  • Ils sont responsables des délits qu’ils n’ont point constatés et passibles dans ce cas de l’amende encourue par les délinquants.
  • Ils doivent toujours porter leur plaque ostensiblement.
  • Ils sont autorisés à saisir et mettre sous séquestre les objets de délits constatés (instruments, animaux, voitures, outils…)
  • Ils sont autorisés à faire des perquisitions en présence d’un juge, d’un commissaire de police ou du maire; ces derniers ne pouvant se refuser à cet accompagnement.
  • Leurs procès verbaux concernant un vol de bois doivent mentionner pour chaque souche: l’essence, les dimensions, l’âge, la couleur, le moment de la coupe et la qualité, de façon à permettre le constat par « rapatronage ».
  • Ils ont le droit de requérir la force publique en cas de besoin.
  • Ils doivent leur concours à la gendarmerie et aux douanes pour les arrestations.
  • Ils doivent signaler à leur hiérarchie tout ce qui est suspect et contraire à la sécurité publique.
  • Leur courrier est en franchise dans le cadre de leurs fonctions.
  • Ils ont droit au tiers des amendes constatées en contravention à la police du roulage.
  • Ils doivent constater les plantations frauduleuses de tabac et sont personnellement responsables de celles qu’ils n’auraient pas signalées.
  • Ils sont tenus des réparations locatives des maisons dans lesquelles ils sont logés.
  • Ils doivent veiller à ce qu’aucune construction relative à l’utilisation ou l’exploitation de bois ne soit située à moins de cinq cents mètres des forêts. Ils portent à ce sujet leur surveillance jusqu’à deux kilomètres des lisières.

Ceci n’est qu’un condensé de douze pages très détaillées qui décrivent également les fonctions des gardes cantonniers et des brigadiers.

Etaient consignées également dans ce carnet les autorisations données pour ramasser ou couper du bois:
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Il serait intéressant de comparer ces lignes avec les textes qui régissent aujourd’hui les fonctions des ingénieurs de l’ O.N.F. …

Quelqu’un en a-t-il une petite idée ?

Merci à Monsieur Jean-Jacques Luquet qui a eu la gentillesse de me confier les documents qui m’ont servi à la rédaction de cet article.

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La source de Longpont dite de l’Ermite

Posté par Bernard POULET le 20 mars 2010

La forêt de Compiègne abrite de nombreux ruisseaux et points d’eau.

Parmi les sources donnant naissance à des ruisseaux ou alimentant des lavoirs il en est une qui a la réputation de fournir une eau limpide et fraîche. Il s’agit de la source de l’Ermite de son vrai nom source de Longpont.

Elle est située non loin du carrefour de l’Ermite et est captée partiellement pour permettre au promeneurs de s’y abreuver. Un ouvrage de maçonnerie a été construit à cet effet à l’opposé du captage par rapport au chemin qui enjambe le rû de la Michelette qui nait ici.

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Aucune trace historique d’un éventuel ermitage ne justifie ce nom.
Une autre source issue du même coteau a longtemps été captée pour être dirigée vers un point situé près de l’intersection de la route du cheval noir avec la route du marais de Champlieu. L’eau était accessible dans un tout petit regard métallique au fond duquel on pouvait ouvrir un robinet de bronze. Le regard était à peine visible bien qu’à un mètre seulement de la route sur le bas côté herbeux, à gauche en allant vers la Michelette.

Nous faisions souvent halte lors de nos promenades à pied ou à vélo. Après avoir posé les vélos dans l’herbe on s’agenouillait pour atteindre le faible jet qui jaillissait au fond de la petite fosse et on remontait un peu de rafraîchissement dans le creux de la main.

Nous continuions notre promenade en ayant eu soin de refermer la trappe qui faisait pour nous office de cachette secrète…

Hélas ce captage a été condamné et n’est plus visible aujourd’hui.

Mais revenons à la source de Longpont appelée aussi source de l’Ermite car située près du carrefour de ce nom.

Bien que depuis quelques temps un panneau avertisse de l’absence de contrôle de cette eau,  sa réputation attire toujours les habitués qui viennent y remplir bidons et bouteilles pour leur consommation courante.

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On y voit même quelque fois des automobilistes laver leur voiture !!

 

 

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l’Histoire d’Euro-Stick

Posté par Bernard POULET le 14 décembre 2009

Saint Sauveur, village forestier, a toujours construit son activité autour du bois. 

Parmi les rares sites industriels qui subsistent dans le village, la société Euro-Sticks est sans doute la plus grosse et une des plus anciennes.

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Ce site a une histoire que je vais essayer de retracer ici :

Dans les années 1920 deux entrepreneurs décident d’unir leurs compétences et leurs moyens pour créer une usine de fabrication de cambrions pour chaussures. Monsieur Khan, propriétaire d’un atelier qui fabrique à Verberie des ébauches de formes pour chaussures, et monsieur Dumont mécanicien. Le premier apporte 80% du capital et son expérience, le second 20% et son savoir-faire de technicien.

Le marché est alors porteur et la production est expédiée vers toute l’Europe.

La guerre arrive et oblige Monsieur Khan à fuir dans la clandestinité pendant deux ans. Son usine de Verberie est confisquée par les Allemands mais l’usine de Saint Sauveur, qui ne lui appartient pas complètement, est laissée à la direction de son associé monsieur Dumont.

Le bois, contingenté, se fait rare et l’approvisionnement est difficile. L’usine de monsieur Khan à Verberie, ayant été réquisitionnée par l’occupant, ne souffre pas quant à elle de cette restriction .

Vers la fin des années 1960 Monsieur Catimel qui a repris la société entreprend la reconversion de la production qui est progressivement réorientée vers les bâtonnets pour glaces car les Espagnols développent l’esquimau. Ensuite Gervais exploitera un brevet venant des USA. Egalement il y est développé  la fabrication des « abaisse-langue » utilisés en  médecine.

Les bois utilisés sont le peuplier, le tilleul, le bouleau et même le hêtre. Cette dernière essence fait l’objet d’un approvisionnement relativement lointain (300 km) car les hêtres de la forêt de Compiègne ne conviennent pas pour ces fabrications.

L’effectif est de l’ordre de 50 personnes. Les équipements deviennent de plus en plus performants et utilisent les nouvelles technologies (commandes numériques). Les bâtonnets d’esquimaux nécessitent une très grande précision car les machines des glaciers les « avalent » au rythme de 40000 / heure ! Les instruments de contrôle doivent suivre cette cadence en utilisant des procédés sophistiqués de reconnaissance de forme par vision artificielle.

Le bois devient cher et rare, aussi la décision est-elle prise de construire une ligne de production de bâtonnets en plastique. Hélas en 1973 la crise du pétrole survient et en renchérissant cette matière première amène l’arrêt de cette fabrication.

Les pays de l’Est sont des gros fabricants et consommateurs de crème glacée. La société s’implante en Roumanie et en République tchèque par le rachat de deux usines qui produiront localement les bâtonnets pour toute l’Europe principalement.

En 1999 la société est reprise par Euro-Sticks dirigée par Frédéric Debacker.

Aujourd’hui il n’existe plus que deux grands fabricants industriels de glaces en Europe pour 50% de la production et une dizaine de fabricants pour les grandes surfaces. Les Chinois achètent massivement leur bois sur le marché mondial et font monter les prix de cette matière première.

Aujourd’hui, prise dans un étau économique, l’entreprise est contrainte de produire près de 60% de son chiffre d’affaires dans ses usines de Roumanie et de Tchéquie en comptant tout de même 42 personnes dans son siège sansalvatorien.

Un chiffre d’affaires de douze millions d’Euros et une assise solide nous font espérer que ce groupe industriel restera encore longtemps un fleuron économique du village.

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Remerciements :

·         à Monsieur Catimel qui a bien voulu me confier les éléments indispensables à la rédaction de ce texte.

·         à Monsieur Debacker qui m’a donné les précisions concernant la dernière décennie de la vie de l’entreprise.

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Les métiers du bois à Saint-Sauveur

Posté par Bernard POULET le 21 octobre 2009

Un village forestier voit son activité centrée tout naturellement sur le bois. les racines de notre village sont celles des arbres qui l’entourent.

Depuis des siècles nos prédécesseurs ont cherché à vivre de la forêt en profitant du privilège de sa proximité.

Le bois est un matériau lourd et encombrant qu’il vaut mieux avoir sous la main que de perdre du temps à le transporter. D’autant plus qu’il y a trois cents ans ce genre de déplacement se faisait à la vitesse d’un cheval…

L’activité de Saint-Sauveur s’est donc organisée autour du bois sous toutes ses formes, de la forêt jusqu’aux produits manufacturés finaux.

  • Toute plante commence par une graine. Les arbres naissent en pépinière. Il en existait plusieurs en forêt de Compiègne. Celle du Hourvari employait plusieurs personnes de Saint-Sauveur. Les pépinièristes avaient en charge l’exploitation et l’entretien de ces espaces du semis jusqu’à la transplantation en zone de reboisement.
  • Les gardes forestiers étaient comme aujourd’hui chargés par les Eaux et Forêts de la surveillance de la forêt domaniale sous tous les aspects. (état des plantations, contrôle de la faune et du braconnage, marquage et adjudication des lots et parcelles aux industriels du bois.
  • Les patrons de scieries devaient souscrire aux adjudications de bois sur pied et leur métier d’industriels du bois consistait à approvisionner leur usine de la matière indispensable à leur activité.
  • On voyait partir tous les matins sur leur vélo les bûcherons avec leurs outils: cognées, passe-partout, coins et scies en tout genre. Ils passaient la journée dans la parcelle que leur avait allouée le garde-forestier, souvent assez loin de leur maison. Il abattaient les arbres martelés par les gardes en veillant à ne pas endommager les arbres voisins lors de la chute, puis les débarrassaient de leurs branchages.
  • Les débardeurs entraient alors en action. Les brioleurs rapprochaient les arbres gisant dans le sous bois des endroits accessibles aux grumiers. Ils utilisaient pour cela des haquets qui, tirés par des chevaux, faisaient glisser les fûts vers les chemins carrossables.
  • Les grumiers prenaient en charge les longs troncs en les hissant sur des remorques conçues à cet effet. L’acheminement vers les scieries adjudicataires se faisait ensuite grâce à des chevaux de trait.
  • Les troncs livrés aux scieries allaient subir des transformations qui dépendaient de la destination finale qu’on leur attribuait. Les exploitants étaient eux-même spécialisés selon la forme de leur produit: les uns faisaient des planches et des poutres, les autres du déroulage. On trouvait donc tantôt des scieurs de long qui faisait des planches, et des dérouleurs qui faisaient des panneaux de plaquage destinés à l’habillage de meubles et autres objets.
  • Certains établissements cumulaient et associaient l’activité de scierie avec une autre fabrication en aval. Un fabricant de bois de brosses et une usine de tournage sur bois avaient leur propre scierie. Une fabrique d’allumettes et un  fabricant de bâtons d’esquimaux faisaient également eux-même leur déroulage. Les troncs étaient roulés vers les machines par des tourne-billes.
  • Dans le cas général les scieries livraient des produits bruts (planches et autres formes) à des usines plus petites et spécialisées dans des productions spécifiques.
  • On pouvait voir dans le village des petits ateliers tels un fabricant de jouets, une fabrique de dents de râteaux, un ébéniste en postes de radio, des borduriers qui fabriquaient des cadres de miroirs.
  • On avait dans le village deux menuisiers traditionnels qui s’occupaient de l’agencement des maisons (portes, fenêtres, escaliers et autres boiseries). L’un d’entre eux étendait même son activité à la fabrication de cercueils.
  • On ne peut parler de la maison sans évoquer nos charpentiers dont deux se sont distingués en construisant des refuges de haute montagne ! (voir article spécifique)
  • Venaient ensuite une multitudes de petites échoppes façonnant des objets à la limite de l’art. Des brossiers plaqueurs ornementaient des brosses de luxe. Des ébénistes décoraient des meubles avec de la marquetterie et des sculpteurs agrémentaient les meubles avec dextérité.
  • Beaucoup de ces entreprises employaient des vernisseurs car la finition des objets en bois passe par cette opération qui nécessite un tour de main bien particulier.
  • Le tour d’horizon serait incomplet si on omettait de parler des tonneliers qui ont exercé leur art à Saint-Sauveur jusqu’au 19ème siècle.
  • J’ignore s’il y avait des charrons et des sabotiers mais c’est fort probable.
  • Et n’oublions pas les usages du bois à des fins de chauffage: Saint-Sauveur chauffait ses maisons avec du bois que chacun se procurait à sa façon…

Durant deux ou trois siècles les rues de notre village ont été baignées par les odeurs du bois coupé et ont été animées par des attelages venant de la forêt. On n’entend plus aujourd’hui les grincements des scies et les bruits des troncs qui roulent lourdement au sol.

Les métiers ont changé, mais Saint-Sauveur est toujours un village forestier.

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Constructeurs de refuges alpins à Saint Sauveur

Posté par Bernard POULET le 8 juillet 2009

Qui l’eut cru ?

Quatre refuges de haute montagne furent construits dans notre village !

Dans les années 30, mes arrières-grands-oncles les frères Cailliot, Julien et Anatole, charpentiers de leur métier, ont fabriqué:

  • le refuge Albert 1er dans le massif du Mont Blanc (2706 m )
  • le refuge d’Argentière (2771 m)
  • l’agrandissement du refuge de Leschaux (2431 m)
  • une annexe au refuge Vallot (4362 m)avec une structure en duralumin faite par les établissements Perrin à Orrouy :

refugevallot.jpg

Celui d’Argentière a même été assemblé dans la cour de leur atelier avant d’être démonté puis ré-assemblé sur place dans les Alpes. Il a été détruit par un incendie au siècle dernier puis reconstruit sous sa forme actuelle.

Le document ci-dessous a été conçu et rédigé par Daniel Carbonnier.

refugesalpins.jpg

Ci-dessous une photo du refuge d’Argentière à la même époque:

refugedargentire.jpeg

On peut se demander pourquoi des constructeurs isariens ont été choisis pour construire des refuges alpins. Une simple hypothèse: le matériau de construction (le chêne) et la compétence locale due aux pratiques forestières locales.

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Les gardes forestiers

Posté par Bernard POULET le 24 juillet 2008

Le poste forestier de Saint Sauveur a abrité un grand nombre de gardes qui ont été requalifiés dans les années 50 « ingénieurs des eaux et forêts ».

Se sont succédés dans ce poste, avec leur famille, Messieurs :

  • 1881             Auguste Ledru
  • 1888              Ancelin
  • 1890            Dussourd
  • 1890          Collas
  • 1936 à 1944 Pierre Lacaille
  • 1944 à 1950            Bastide
  • 1950 à 1956 Paul Ponnelle
  • 1956 à 1962  André Empinet
  • 1962 à 1970 Jean Dibetta
  • 1970 à 1971       Lascar
  • 1971 à 1973     Jean-Claude Lannier
  • 1973 à 1989    Jean-Jacques Luquet
  • 1989 à 1999         Auproux
  • 2001 à …           Stéphane Brault

Merci d’avance à ceux qui pourraient aider à compléter cette liste chronologique… L’ administration des Eaux et Forêts s’en étant déclarée incapable quant à elle !

posteforestierfontainestjean.jpg

Poste forestier du Hourvari:

  • 1887 Monsieur Varé
  • 1888 Monsieur Collas
  • 1888 Monsieur Demarque  (brigadier)
  • 1936 Monsieur Roland (Brigadier)
  • Après le passage de Monsieur Débouis, qui a donné son nom au carrefour,  ce poste a été occupé au début des années cinquante par un petit monsieur dont j’ai oublié le nom (peut être Monsieur Boulanger ?);  mais je me rappelle de son élevage de moutons et de chèvres qui était abrité dans un petit bâtiment de bois situé entre la route de La Croix Saint Ouen et celle de Saint Sauveur.

hourvarietbergerie.jpghourvari.jpghourvari1.jpg

  • Ensuite est arrivée la famille Salomon dont les enfants fréquentaient l’école de Saint Sauveur et y venaient à pied ou à bicyclette !

Après le départ de Monsieur Salomon le poste forestier fut apparemment cédé par l’administration des Eaux et Forêts à des propriétaires privés.

 

Merci à Emmanuel Danne qui m’a fourni quelques précisions qui me manquaient sur les occupants du poste forestier de Saint Sauveur

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