en rang d’Ognon

Posté par Bernard POULET le 12 mars 2014

  Ognon est un petit village situé au nord de Senlis un peu à l’écart de la route Compiègne-Senlis.

Son château actuel, situé dans un grand et beau parc de cinquante hectares, a été reconstruit sur l’emplacement d’un édifice du XVème siècle détruit en 1957. Seuls les communs d’origine subsistent.

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Le domaine a appartenu à la famille DE LA FONTAINE  pendant plus d’un siècle avant de passer dans les biens des SEILLIERE DELABORDE en 1881.

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Dans la lignée des La Fontaine un certain Artus de La Fontaine-Solare était en charge du protocole à la cour du Roi de France.

il a servi pas moins de quatre rois (Henri II, François II, Charles IX et Henri III) avec le titre de Grand Maître des cérémonies avant d’être ambassadeur à Constantinople puis Lieutenant-Général du gouvernement d’Ile de France.

C’est son respect scrupuleux du protocole et de la hiérarchie qui a donné naissance à l’expression « être rangés en rang d’Ognon » car c’est lui qui plaçait les gens de la cour selon le protocole et les principes de la hiérarchie.

son fils François ralliera malencontreusement le clan des ligueurs et sera mis pendant un certain temps à l’écart de la cour.

 voir pour plus de détails l’article consacré au château d’Ognon:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_d%27Ognon

 

 

 

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Le Grand Ferré

Posté par Bernard POULET le 10 mars 2014

été 1369. En pleine guerre de cent ans.

Dans un petit village proche de Saint-Sauveur, Longueil-Sainte-Marie,  un personnage hors du commun s’illustre par un fait d’arme sans précédent.

Natif de Rivecourt, issu d’une famille de serfs-paysans, il est doué d’une force exceptionnelle.

A cette époque les Anglais alliés à des Bourguignons et autres mercenaires occupent et saccagent la contrée déjà troublée par la Jacquerie apparue dans la région. Ils sont basés au château de Creil.

Il va défendre le village et le château de Longueil, dépendant de l’Abbaye Saint-Corneille de Compiègne, contre les ennemis du roi Jean II dit « le bon ».

Choisi comme valet par le capitaine Guillaume Allaud (ou l’Alloué) , il va tenir en échec les envahisseurs en tuant seul avec sa hache des dizaines d’adversaires à plusieurs reprises.

C’est la première fois qu’un individu de la classe paysanne se bat contre des militaires, par définition nobles, et les fait reculer. En effet le rôle normal des paysans est de cultiver la terre pour nourrir les nobles en armes qui sont censés les défendre.

Il mourra, selon la légende, d’un refroidissement après un dernier assaut contre les Anglais venus le surprendre alors qu’il se reposait du combat précédent.

Un modeste monument a été érigé sur la place du village de Longueil en souvenir de ce héros moyenâgeux et une plaque portant son nom a été fixée sur le monument aux morts de Rivecourt, son village d’origine.

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à l’école primaire les gens de ma génération ont appris quelques bribes de cette histoire qui, bien que partiellement fondée sur une légende, fait partie de notre patrimoine local.

Certains disent qu’elle a inspiré le personnage d’Astérix.

Ce type de héros paysan est fréquent dans les histoires de tous les pays. Les légendes de Robin des Bois et Guillaume Tell peuvent être comparées à celle du Grand-Ferré.

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L’école à Saint-Sauveur dans les années 50

Posté par Bernard POULET le 11 février 2014

L’école de Saint-Sauveur, comme les autres, séparait les garçons des filles.

Les cours de récréation respectives étaient divisées par le bâtiment scolaire. Durant l’été nous jouions aux billes et aux autos sur le sol de terre battue.

La cour de devant était réservée aux filles et aux petits de la maternelle, la cour de derrière aux garçons.

Deux des quatre instituteurs vivaient à l’étage, et quand le fils de l’un d’eux eut la bonne idée d’attraper la scarlatine, l’école fut fermée pendant plusieurs jours afin d’éviter la propagation de la maladie.

Nous étions tous vêtus d’une blouse grise qui, bien qu’elle ne soit pas obligatoire, était l’uniforme des écoliers.

Une fois par an, le photographe venait faire la traditionnelle photo de classe. Il nous fallait attendre patiemment, bien rangés, les plus petits devant, et par ordre croissant de taille, les plus grands sur les marches du perron.

L’  »officiant » sortait enfin la tête de dessous le drap noir qui recouvrait l’énorme appareil à soufflet posé sur un trépied, et, le déclencheur à la main, il donnait ses dernières instructions : «  Serrez vous un peu. Monsieur l’instituteur, souriez… merci !  ».

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Dans les salles de classe, le bureau du maître trônait sur l’estrade, le tableau noir était vraiment noir et nous redoutions tous d’y être appelés pour réciter une leçon mal apprise.

la classe                                  carte afrique retouchée

                                                     Photographie Gérald BLONCOURT

On effaçait le tableau à tour de rôle avec une galette de feutre blanc qu’on devait aller battre dehors.

Des cartes grand format, accrochées par de gros œillets sur un pan articulé du tableau, nous aidaient à connaître par cœur les colonies françaises, les fleuves et les canaux, les massifs montagneux et les réseaux de voies ferrées.

Les pupitres en bois, à deux places, au plan de travail incliné, avaient une case où livres et cahiers voisinaient avec les billes et le goûter dans son sac en papier.

pupitre                               encrier

La veille des vacances, il était d’usage de poncer le dessus des pupitres avec du papier de verre pour effacer les taches d’encre et les divers graffitis, témoins de nos réflexions.

Deux trous recevaient les encriers de porcelaine blanche. Le maître passait régulièrement dans les rangs pour les remplir avec la grande bouteille d’encre violette, munie d’un bec verseur chromé.

Le porte-plume avait une fâcheuse tendance à rouler en travers du plan incliné faisant des taches sur nos cahiers. Les tout récents stylos à bille étaient interdits.

plumier              trousse              sergentmajor

Nous n’étions pas autorisés à utiliser d’autres plumes que des Sergent Major, allouées en même temps que le porte-plume de bois rouge réglementaire et le buvard rose que nous placions sous notre main afin de ne pas salir le cahier en écrivant.

Quand nous retirions trop précipitamment la plume de l’encrier, il nous arrivait de le faire sortir de son logement et de le renverser sur la table.

ardoise              crayon d'ardoise

Si le porte-plume servait à écrire dans le cahier du jour, exercices et brouillons se faisaient sur une ardoise au cadre de bois. On écrivait avec un porte-mine en métal, le crayon d’ardoise.

A la rentrée on nous confiait des livres que nous devions couvrir avec le papier bleu de rigueur. Son pliage devait être précis et net pour tenir toute l’année.

Pour ceux qui avaient eu une mauvaise note, la punition consistait à faire un certain nombre de tours de cour pendant la récréation.

Quelle honte de faire partie de la file de cancres qui tournait autour de la cour pendant que s’amusaient les autres élèves !

osselets couleur 

Durant la récréation on jouait aux osselets, aux petites voitures, et au « mouchoir ». Le jeu du chat perché nous faisait grimper sur les embases des poteaux du préau.

Un autre jeu, pour deux joueurs, exigeait d’être le premier à aligner trois petits cailloux sur les intersections d’un carré et ses diagonales tracées sur le sol. C’était la « rangette ».

Les leçons de choses se déroulaient fréquemment dans les jardins des instituteurs derrière les préaux. Nous devions les traverser pour nous rendre dans la forêt toute proche ou pour faire un peu de sport dans l’espace situé près du cimetière pompeusement baptisé « terrain de basket ».

Aujourd’hui cet espace est en partie occupé par l’école maternelle construite dans les années 70.

Les exercices les plus pratiqués étaient le lancer de poids et le saut en hauteur.

Chaque année nous devions répéter les mouvements d’ensemble pour la journée de l’UFOLEP.

 ufolep

Certains jours, nous faisions un cross sur un parcours d’une longueur très modeste que je trouvais pourtant bien long : je gagnais un tour en me cachant au détour du chemin et en rejoignant le peloton au passage suivant.

Notre instituteur, qui avait un problème de hanches, ne pouvait pas suivre la course et ne se doutait pas de la supercherie, du moins le croyions-nous…

Quand les fleurs de tilleuls étaient épanouies, les écoliers avec les instituteurs, allaient les récolter sous les arbres bordant les allées qui montent vers le cimetière.

Le trajet vers l’école ressemblait à une procession regroupant progressivement tous les enfants d’une rue qui, au passage, rejoignaient leurs camarades. Ainsi, à la même heure et de chaque rue du village, convergeait vers la place l’ensemble des écoliers. Rue Pasteur, les nombreux enfants du garde forestier ouvraient le cortège quotidien.

En bons garnements, nous prenions un malin plaisir à remonter sur notre passage les butées de volets encore fermés. Ces petits bonhommes de fonte devaient apprécier que nous leur remettions la tête en haut !

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A la belle saison, nous jouions aux « tilleux » tout le long du chemin. Il fallait frapper une grosse bille d’acier posée au sol en lançant dessus une bille identique pour la propulser quelques mètres plus loin. Ces « tilleux » étaient en fait des billes de roulements prélevées sur des vieilles roues de tracteur par les enfants des fermiers.

L’hiver, quand le temps était très froid et que le travail de mon père le faisait passer devant l’école, il m’emmenait sur le porte-bagages de son vélo. Un sac enroulé, attaché avec une ficelle, formait un coussin rudimentaire.

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Je me recroquevillais derrière son dos à l’abri du vent, mais j’ai gardé le souvenir d’avoir été plus d’une fois saisi par l’air froid.

Son vélo filait bon train malgré l’unique jambe de mon père. Un ressort ramenait la pédale droite vers le bas jusqu’à ce que le pied gauche prenne le relais au demi tour suivant.

La scolarité s’arrêtait à quatorze ans pour la plupart. Rares étaient ceux qui, à onze ans, passaient en sixième au collège ou, à treize ans, au lycée.

Un cycle d’apprentissage de trois ans ou l’entrée directe dans la vie active était le lot de la majorité des enfants à l’issue de l’école primaire.

Souvent, l’instituteur convoquait les parents pour leur conseiller de faire passer à leurs enfants un concours d’entrée en 4ème. Le lycée était situé assez loin de la maison.

Je devins interne à treize ans alors que je n’avais jamais quitté mon village.

- Les sorties scolaires

Plusieurs fois par an, les écoliers de Saint-Sauveur étaient invités à participer à des voyages.

Le jeudi, un autocar nous emmenait à Compiègne voir les premiers films en cinémascope : Vingt Mille Lieues sous les Mers, Le Monde du Silence, La Grande Prairie, Michel Strogoff. On allait au Celtic, au Margny Palace, et au Nouveau Théâtre.

Il y avait traditionnellement une sortie à la fin de l’année scolaire. Presque toujours en direction de la mer, elle avait pour destinations le Tréport, Berck ou Fort-Mahon.

Le départ se faisait de très bonne heure le matin sur la place René-Eveloy, devant l’église.

L’autocar nous attendait déjà quand nous arrivions avec notre sac de pique-nique, un maillot de bain et une serviette.

Nous devions nous dépêcher de choisir notre place pour faire le trajet avec le camarade de notre choix.

Nous étions heureux de faire ce grand voyage dans un car plus confortable et plus moderne que ceux que nous avions l’habitude de voir. Le plaisir du trajet valait bien celui de la plage, sauf pour ceux qui supportaient mal la route…

Les inévitables œufs durs constituaient, avec le sandwich au jambon, le repas que notre mère avait préparé pour notre pique-nique. Il était agrémenté du sable de la plage qui croquait sous la dent.

Après quelques bains et chahuts sous la surveillance des instituteurs et des parents qui nous avaient accompagnés, nous remontions dans le car pour arriver à Saint-Sauveur en début de soirée, fatigués mais ravis malgré quelques coups de soleil.

De temps en temps un spectacle de marionnettes était proposé aux enfants de l’école. Guignol s’installait dans la salle de la mairie où on disposait des bancs pour les spectateurs.

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Sorcellerie

Posté par Bernard POULET le 17 octobre 2013

Notre région n’a pas échappé aux pratiques occultes qui ont traversé nos campagnes.

Verberie a eu son lot de sorcières.

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Au lieu-dit le Pont-la-Reine, au milieu du 16ème siècle avaient lieu des « sabats ».

Il s’agissait de réunion nocturne de personnages plus ou moins marginaux (peut-être accompagnés de gens ordinaires mais crédules).

Lors de ces réunions les participants étaient invités à danser en chevauchant des balais pour communiquer avec les esprits.

La secte organisatrice, à Verberie, se nommait « les chevaucheurs d’escouvettes ». (une escouvette était un balai)

Des écrits rapportent ce type de réunion en 1550.

Dans ces années là, à Verberie, sévissait une sorcière connue dans la région sous le nom de Harvilliers. Jugée dans les derniers jours d’avril 1578, Jeanne Harvillers se retrouve devant le tribunal de Senlis face au démonologue Jean Bodin.

Questionnée par le juge, elle reconnaît alors avoir été vendue au Diable par sa mère à l’âge de 12 ans. Elle confesse s’être unie charnellement à lui dès cet instant et jusqu’à présent. Régulièrement, le démon lui rendait visite, sous les traits d’un beau cavalier noir, portant éperons, bottes, et une épée au côté.

Elle fut brûlée vive à Senlis place du Vieux Marché.

Sa fille Jeanne Harvilliers ayant hérité de ses « pouvoirs » continua ses activités jusqu’à ce qu’elle fut elle aussi brûlée vive.

Peut-être Saint-Sauveur avait-il sa sorcière locale ?

Il faut dire que l’ambiance devait favoriser ce genre de croyance :

  • 1567 début des guerres de religions
  • Le 27 mars 1567 une truie dévore un enfant de quatre mois à Courteuil.
  • Le 17 novembre 1571, en forêt de Cuise (notre forêt de Compiègne actuelle) on trouve un homme qui semblait avoir été élevé par les loups et se comportait comme eux.
  • Le 24 août 1572 massacre de la Saint-Barthélémy
  • Le 30 avril 1573 la flèche de la cathédrale de Beauvais s’effondre.
  • Le 6 avril 1580 un tremblement de terre secoue la Picardie jusqu’à Noyon.

On peut imaginer dans ces circonstances que les villageois crédules soient tombés sous l’influence de ces êtres maléfiques.

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La Cauette à Bières

Posté par Bernard POULET le 1 août 2012

 Saint Sauveur dans les années 90 : Jean-Paul Fontaine est dessinateur industriel et commence à s’ennuyer ferme dans ce métier.

Son charisme et son besoin de contact le poussent vers une activité plus conviviale. Mais laquelle ? Un commerce, un établissement de restauration ?

Tenir une crêperie serait son rêve mais son épouse Nicole n’y tient pas vraiment …

Ils ont tous les deux dans les chromosomes une culture « bières » et ils se verraient bien travaillant dans ce domaine.

Un jour Nicole découvre au hasard d’une visite une ancienne enseigne lumineuse vantant une bière connue et elle décide de l’acquérir pour en faire un cadeau de Noël à son passionné de mari. Les fêtes de fin d’année sont encore loin et elle ne résiste pas au plaisir de lui offrir sans attendre Noël.

Nous sommes en 1994. Dès l’année suivante Jean-Paul démissionne de son emploi et crée son commerce de bière « gros et détail » auquel il faut trouver un nom.

Le couple Fontaine habite une vieille maison en pierre de pays avec une dépendance en bordure de rue. Le lieudit s’appelle la Cauette : son établissement s’appellera « la Cauette à bières ».

Deux cents ans auparavant l’endroit était occupé par une exploitation de lignite qui occupait plusieurs dizaines d’ouvriers. Les exploitants en furent MM Lereau père et fils, Boudin, Périer, Baillon, Demarque, Choron.

On entreprend des travaux pour transformer l’écurie bordant la rue en un petit magasin.

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Une cave polonaise (semi-enterrée) est reconstituée au fond du terrain avec des pierres récupérées d’une vraie cave et repérées une à une.

Plus tard un petit hangar viendra agrandir la capacité de stockage (dans un style il est vrai beaucoup moins authentique).

Un vieux puits commun, un des plus beaux du village, est restauré et ajoute son charme au cachet de l’endroit.

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La Cauette à bières construit sa réputation sur une très grande variété de produits de provenance du monde entier. Chacun, amateur ou non, y trouve la bière correspondant à son goût.

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Des présentations « cadeau » y sont proposées, avec beaucoup de succès au moment des fêtes. On y pratique le principe de la consigne des bouteilles vides : ce qui est commercialement habile et écologique… Pour remercier les fidèles clients un système de bonus donnant droit à un verre de marque pour chaque montant d’achat correspondant à environ 50 petites bouteilles achetées.

Jean-Paul et Nicole ont organisé jusqu’en 2003 une manifestation à thème dans leur grand jardin. L’ambiance kermesse était de mise et le succès assuré pourvu que le temps s’y prête.

Des voyages à thèmes organisés jusqu’en 2008 permettent à plusieurs centaines de clients et amis de faire des visites culturelles en Belgique en bus.

Le souci de l’authentique amène jean-Paul à s’équiper d’un triporteur à pédales qu’il décore aux armes de la Cauette. Ce moyen de transport se révèle bien pratique pour livrer les client dans les vieilles rues de Senlis.

Heureusement un camion plus moderne est utilisé pour les ravitaillements et parcourt les routes de France et de Belgique pour remplir les rayon du petit magasin.

Les clients sont aussi bien des particuliers que des bars de la région qui savent trouver ici toutes les bières imaginables. L’UTC, symbole de la jeunesse locale, est un des client les plus significatifs.

La qualité des produits et l’originalité de l’accueil n’ont d’égal que la chaleur des tenanciers.

J’espère vous avoir donné envie de mieux connaître cet endroit discret et original.

Grand merci à Jean-Paul Fontaine qui a bien voulu me confier ses archives et ses souvenirs.
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http://cauetteabiere.skyrock.com/1.html

 

 

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Quand la Chine s’éveillera

Posté par Bernard POULET le 23 juin 2012

Alain Peyrefitte pensait-il à ce qui suit lorsqu’il a écrit son livre en 1973 ?

Selon Michel Rocard en 2012 :

en 1980 la Chine représentait 3% de l’économie mondiale

en 2013 elle en représente 25%

On estime qu’en 2030 elle pèsera 80% !

On imagine ce que les Chinois penseront d’une Europe dans laquelle 28 pays ne parlent pas le même langage (au propre et au figuré) et qui se déchirent pour conserver une hypothétique souveraineté nationale.

Ils imposeront facilement leurs conditions à chacun des pays du vieux continent.

Ne pourrait on pas, au plus tôt, abandonner un minimum de cette individualité de façon à parler d’une seule voix au nom de 500 millions de personnes et à être entendus et considérés comme Européens ?

Alain Peyrefitte avait raison en 1973 : la Chine s’est éveillée.

Michel Rocard a probablement raison : la Chine sera le plus gros acteur économique du monde dans 25 ans.

Les habitants de l’Europe ont le choix entre rester dans leurs petites frontières ou devenir Européens solidaires qui peuvent ensemble affronter la concurrence.

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Clément-Bayard et le Bois d’Aucourt

Posté par Bernard POULET le 29 novembre 2011

En vous promenant dans la forêt autour de Pierrefonds peut-être avez-vous remarqué une belle villa de style second empire accrochée sur le flanc d’une colline avec une vue imprenable sur le château.

C’est l’ancienne propriété  d’un visionnaire qui a marqué son temps en étant un des pionniers de l’industrie française.

Adolphe Clément né à Pierrefonds le 22 septembre 1855, rue du Bourg qui porte maintenant le nom de rue Clément Bayard. Ses parents sont épiciers.

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Très vite passionné de cyclisme il va construire lui-même quelques cycles  et participer à des courses de niveau national. En 1886 il est le plus grand constructeur de cycles en France.

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En 1890 il acquiert pour la France la concession des pneumatiques Dunlop.

Il achète des terrains à Levallois et à Mézières sur lesquels il construit des usines. Ces entreprises fabriqueront bientôt autre chose que des vélos…À Levallois il monte un vélodrome en 1893.

En 1896 il s’empare de la licence De Dion et des brevets Panhard pour les développer et en 1897 les premières voiturettes de la marque Clément sortent d’usine. Il devient le président de Panhard le 31 mai 1899.

Il achète le domaine du Bois d’Aucourt à Pierrefonds en 1905.

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Adolphe Clément prend des participations chez Talbo et cette société fabrique des voiture Clément à Londres.

Pour des raison juridiques il doit abandonner la marque « Clément ».  La statue du Chevalier Bayard située devant son usine de Mézières lui fait choisir « Clément-Bayard » comme nouveau sigle. Une décision du conseil d’état l’autorise à changer également son patronyme dans ce sens.

Ses voitures participent à tous les grand prix et courses renommées. Des modèles plus grand public sont cependant la base des productions.

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En 1908, pour les besoins de l’armée française un atelier situé à Lamotte-Breuil au nord de Pierrefonds va commencer à fabriquer des dirigeables. Il en construira six de 3500 m3 à 9600 m3 (89m de long)

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Ces engins battrons eux aussi des records d’autonomie et de rapidité.

Il concevra ensuite avec Santos-Dumont des petits aéroplanes comme la « Demoiselle », petit avion qui n’aura pas le succès escompté. C’est la première fois au monde qu’on fabrique des avions en série.

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En 1914 il devient maire de Pierrefonds.

Dès le début de la guerre les usines de Mézières et les machines sont confisquées par les Allemands et Adolphe Clément-Bayard se réfugie à Paris après avoir confié ses biens de Pierrefonds à Carlo Bugatti.

Les dirigeables Clément-Bayard participent aux hostilités en faisant des incursions sur le front de l’est.

L’usine de Levallois est reconvertie en fabrique d’obus de 1915 à 1918.

À la fin de la guerre Adolphe revient à Pierrefonds mais ne brigue plus la place de maire. Sa famille est maintenant plus tournée vers la gestion de bien que vers l’industrie…Il se retire à Neuilly et revend son site de Levallois à André Citroën.

Entre temps il a remis en marche la faïencerie de Pierrefonds qu’il avait achetée en 1911.

Dans ses usines de Mézières qu’il a reconverties il produit dans les années 20 des tracteurs  à chenilles, des chariots élévateurs et des pelles excavatrices.

Il meurt dans sa voiture, rue Lafitte à Paris, le 10 mai 1928.

Il repose dans un luxueux caveau aux côtés de plusieurs membres de sa famille dans son ancien domaine du Bois d’Aucourt qui est devenu un centre hôtelier tenu par ses descendants.

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Les curieux pourront puiser plus de détails dans le très complet document qui m’a servi de référence  pour ce résumé:

http://www.hydroretro.net/etudegh/clement-bayard.pdf

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Amar, les origines du cirque

Posté par Bernard POULET le 25 novembre 2011

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Qui n’a pas rêvé devant la piste et les clowns, les acrobates et autres artistes qui se produisent de ville en ville sous de chapiteaux immenses ?

Sait on que l’un des personnages qui sont à l’origine de cette corporation a vécu longtemps dans un petit village qui n’est pas très éloigné du nôtre : Aumont-en-Halatte.

Voici l’histoire de ce précurseur que fut Monsieur Amar qui a donné son nom à l’un des plus grands cirques de ces dernières décennies.

Ce texte a été écrit par un Aumontois qui a puisé dans ses souvenirs et les documents qu’il a rassemblés sur ce sujet. Remercions-le au passage pour ce travail de mémoire.

MUSTAPHA AMAR 

Qui est-il ?

Né le 3 juillet 1896 à Fontenay le Comte, Vendée, maire d’Aumont en Halatte de 1947 à 1960, Mustapha Amar fut le plus jeune dompteur de fauves du monde, ainsi que l’affirme la publicité de l’époque. Nous sommes en 1909, Mustapha a treize ans. Il est le fils d’Ahmed ben Amar ben el Gaïd, voyageur forain originaire de Kabylie et de Marie Gabrielle Bonnefous, sœur du directeur de la ménagerie du même nom.

La grande aventure du cirque

Bien vite, le petit  Cirque Amar, créé en famille, se déplace de foire en foire, à travers la France.

  • 1926 : « Le Grand Cirque Ménagerie Amar Frères » – ils sont quatre – devient célèbre au-delà de nos frontières. Commence alors une longue tournée qui mènera la troupe d’Algérie au Maroc, de Tunisie en Égypte, de Grèce en Turquie, de Bulgarie en Hongrie et enfin d’Autriche en Italie. La troupe rentrera à Paris couverte de gloire.

C’est Mustapha Amar qui confèrera au cirque sa popularité internationale. Avant de diriger la troupe depuis son bureau des Champs Elysées, il s’est illustré sur la piste en tant que dompteur intrépide. Un soir de représentation à Bruxelles, sa  tête est prise en tenailles par les mâchoires d’un tigre imposant. Mustapha Amar en gardera pour toujours les cicatrices.

  • 1929 : il traverse de nouveau la Méditerranée avec cent vingt véhicules pour transporter la troupe, la ménagerie et le matériel. Pour l’époque, c’est une véritable expédition. C’est aussi, et de loin, le plus grand déplacement organisé d’une troupe de spectacle. Seul le cirque Barnum aux États-unis fera mieux. La famille Amar devient alors immensément riche. Le cirque est rebaptisé « Cirque Géant « . Deux troupes et une double piste, il faut faire face au succès !
  • Avant la seconde guerre mondiale M. Amar crée un nouveau spectacle qui s’installe à l’Empire, avenue de Wagram, à deux pas de l’Arc de Triomphe. Dans cette salle, il présentera des numéros étonnants : exhibitions sportives et représentations d’artistes de music-hall,  Fernand Reynaud par exemple.
  • Après la seconde guerre mondiale, en pleine guerre froide, Moscou et New York  font un pont d’or au cirque Amar pour pouvoir l’accueillir. Le gouvernement japonais invite Mustapha Amar à Tokyo afin que ce dernier puisse choisir les meilleures attractions d’Asie à monter en Europe.
  • 1960 : le cirque Amar est devenu l’un des plus importants d’Europe. Une tournée internationale met en jeu un train spécial de cinquante-quatre wagons, une centaine d’artistes qui présentent vingt-trois numéros sous un chapiteau géant à huit mâts. Les plus grands de la piste s’y côtoient, tels Achille Zavatta ou les Fratellini. C’est le dernier  et le plus glorieux épisode de la saga des Amar, la mort successive de trois des quatre frères y mettant fin.

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  • 1964 : un accident de ménagerie, l’évasion de trois éléphants, cause la mort d’un enfant dans le sud-ouest de la France. Ce drame affectera énormément M. Amar, Homme de spectacle pourvoyeur de bonheur pour tous, il n’acceptera jamais que, par sa faute, un enfant soit devenu victime.
  • 1968 : Mustapha Amar se résigne à abandonner la direction du cirque. L’enseigne est reprise par la famille Bouglione.

Mustapha Amar à Aumont en Halatte

Il  est élu maire le 29 octobre 1947 à la majorité absolue.

Le village, à l’époque, est composé de familles essentiellement ouvrières, parfois nombreuses. Les divertissements sont rares et la vie sociale se concentre sur les trois cafés, le lavoir où les femmes se retrouvent, la forêt où nombre d’habitants font du bois et enfin les jardins où chacun cultive ses légumes.

Nous sommes encore loin de la voiture pour tous, de la télévision, du téléphone portable ou non, de la machine à laver, du réfrigérateur et de l’ordinateur …

Quand il n’est pas sur les routes ni à son bureau sur les Champs-Élysées, Monsieur Amar  regagne souvent  son domicile, 29 rue Louis Blanchet, propriété qu’il a achetée à M GROVLEZ, compositeur de musique et chef d’orchestre.

Les habitants du village apprécient Mustapha Amar pour sa gentillesse, sa générosité, son naturel et sa jovialité. Il est celui qu’ils rencontrent, lors de leurs promenades, et qui connaît chacun  par son prénom.

Aux yeux des enfants du village, une trentaine après-guerre, Mustapha Amar est synonyme de bonheur ! Aucun ne peut pas partir en vacances car les familles ont peu de moyens. M. Amar met en place des colonies de vacances : à Nice ou à Mers-Les-Bains, Paramé ou Plancoët. Les premières années, les enfants sont accompagnés par Geneviève Blanchet, secrétaire de mairie, et ensuite par des organismes accrédités. Tous peuvent partir sans que les familles aient à débourser un centime.

Des cars transportent gracieusement les habitants du village, le temps d’une journée, au bord de la mer, au Tréport ou à Dieppe

Des invitations gratuites au spectacle du cirque sont remises aux Aumontois, alors traités en VIP. Des cars sont mis à leur disposition afin qu’ils puissent s’y rendre sans frais. Les ouvreurs en viennent même à surnommer les jeunes du village « les enfants du patron ».

A chaque Noël, une estrade est installée dans la salle de la mairie et les enfants ont droit à un spectacle de clowns avec les Fratellini, suivi d’une distribution de  jouets, tout cela sans aucun frais pour la commune.

Fin juin, lors de la fête patronale, le lundi est consacré aux tours de manège gratuits pour tous. Une année, il organise un spectacle à la butte d’Aumont, qu’il fait clôturer entièrement, installe des gradins et invite tous les Aumontois. Ce jour-là, le spectacle durera deux heures et le public pourra voir ‘La Malle Magique’ en avant-première.

Les élèves de l’école communale ne sont pas en reste : M. Amar récompense  chaque réussite au Certificat d’Études ou chaque entrée en sixième par un vélo qui permet d’aller en apprentissage ou au lycée à Senlis, en toute autonomie.

Lors du Carême et des fêtes de Pâques, les cloches étant muettes, les enfants de choeur remplacent les sonneries. Ils font le tour du village pour les ‘bacottes’. Ils frappent une planchette avec un maillet de bois pour annoncer chaque  heure de la journée, et cela de six heures à dix-huit heures durant toute la semaine pascale. C’est éprouvant mais joyeux ! A la fin de la semaine, les enfants de chœur reçoivent des bonbons, des gâteaux, des œufs ou de l’argent en remerciement lors de leur passage. Au domicile de Mustapha Amar, leurs gains se voient très  largement augmentés, mais il faut chanter !

Un après-midi d’été en rentrant de Paris, M. Amar s’arrête pour regarder les jeunes jouer au football. Il écoute les doléances de chacun et, les jours suivants, les joueurs sont équipés de maillots, bas, chaussures et ballons neufs. C’est ainsi que va naître le FCA  – Football Club Aumontois.

Le 24 novembre 1957, Mustapha Amar revend à la commune plusieurs parcelles, d’une superficie totale de 8768 m2, pour la somme symbolique de 500 francs. Ceci permettra de construire une nouvelle école, celle de 1866 n’offrant que vingt places, alors que quarante sont désormais devenues nécessaires. Ce terrain est actuellement occupé par le foyer socio culturel – l’ancienne école, un pavillon, l’ex-logement de l’institutrice, le court de tennis et le terrain de football.

Une famille nombreuse est-elle dans une situation précaire ? M. Amar lui propose un terrain pour lui permettre de s’installer durablement et d’y vivre décemment.

Le 15 juillet 1960, il rédige sa lettre de démission de la mairie à la suite d’un différend avec certains membres du conseil municipal. Son mandat prend fin le 30 novembre 1960. Il vend ses biens et quitte définitivement le village à ce moment-là.

En 1968, à soixante-douze ans ans, il cesse toute activité et se retire à Villefranche- sur- Mer où il passera le restant de ses jours. Il meurt à Nice le 29 novembre 1980.

Nous sommes une dizaine dans le village à pouvoir encore témoigner de cette époque. Alors que nous étions enfants ou adolescents, Mustapha Amar nous a donné cette part de rêve qui, cinquante ans plus tard, peuple nos souvenirs avec tendresse.

Il fut un grand donateur pour le village d’Aumont et ses dons ne se limitèrent pas à des places gratuites de cirque pour les villageois !

Gilbert WEYLAND

 

Merci à Jeanne COLIN pour ses recherches, Sylvie FLORENTIN pour le prêt de sa plume.

Merci à tous mes amis d’enfance pour leurs souvenirs : Danica BONTEMPS, Fanny MINIER, Michelle ESCUDIE, Philippe ZAGAR, Marcel BROCHOT, Jean Claude GUIZELIN, Francis WEYLAND.

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Le Hazoy

Posté par Bernard POULET le 24 mars 2011

Au nord de Béthisy-Saint-Pierre et à l’est de Saint-Sauveur s’étend une plaine cultivée appelée « plaine du Hazoy ». Cette étendue est aux trois quarts fermée par la forêt de Compiègne.

Cette plaine est contiguë à l’est d’une zone forestière nommée « les Grueries ».

Le Hazoy dans Histoire locale pdf lehazoy.pdf

A la limite de ces deux parcelles on peut remarquer une belle et massive demeure qui fut probablement bâtie sur les fondations de l’ancienne gruerie.Le nom de Hazoy viendrait du latin « haga » et signifie « maison forte environnée de bois ». Une autre origine de ce nom serait le mot « Haie » venant de l’expression « chasser à la haie » qui consistait à encercler le gibier dans une enceinte de haies.

hazoy

La propriété est équipée d’un puits monumental capable d’extraire de l’eau de plus de cinquante mètres de profondeur. Nous sommes à 130 mètres d’altitude et la nappe est loin de la surface…

Le parc autour de la maison est immense bien qu’ayant été réduit au fil des siècles.

Ce fut le siège du gruyer général de Cuise et de la Prévôté royale de Verberie à partir de 1152 , date à laquelle les gruyers quittent la maison royale de Saint-Jean pour le Hazoy créé par Richard II de Béthisy.

Le Seigneur Gruyer du Hazoy était jusqu’au XIVème siècle un personnage important et puissant qui était craint de la population. Il jouissait de droits et pouvoirs pratiquement illimités. Il avait « droit de fourche et de haute justice » (qu’on appelait « droit d’échelle ») sur toute la forêt de Cuise.

Son influence s’appliquait sur une juridiction appelée « charge de gruerie ». Il tenait audience près de l’endroit où se trouve le carrefour des Grueries. L’arbre des Grueries était un arbre remarquable à l’ombre duquel le Gruyer rendait justice.

carrefourdesgrueries.jpg

Il avait pour rôle de prélever pour le roi l’impôt de gruerie destiné à l’entretien des forêts. Ces droits étaient perçus même sur les propriétés royales !

  • Le droit de paisson (ou de pâturage) perçu, en plus d’un loyer, auprès des propriétaires de chèvres et de brebis (paissonniers) du 15 août au 31 décembre pour être autorisés à mettre leur troupeau en forêt.
  • Le droit de glandée (ou de panage) était acquitté par les éleveurs de porc qui voulaient mener les bêtes se nourrir de glands en forêt.
  • Les villageois pouvaient retirer de la forêt des « bois morts et gisants » à dos d’homme ou d’âne à condition d’avoir payé la taxe spécifique.
  • Le « droit de bois vert ou mort bois » consistait à taxer les villageois qui désiraient couper des bois pour leur chauffage. En plus de ladite taxe le gruyer prélevait une partie des bois coupés pour son besoin personnel.

Il pouvait saisir les bois objets du délit jusqu’à l’entrée de la maison du contrevenant. Dès le déchargement dans la cour du voleur de bois le gruyer ne pouvait plus intervenir. C’est le roi Jean le Bon qui mit fin à ces pratiques abusives.

La charge de gruyer était héréditaire et procurait une certaine immunité à son titulaire. Les gruyers successifs s’étaient attribué le nom de cette charge comme patronyme et on a ainsi vu Etienne, Pierre, Simon, Philippe, Gilles le Gruyer…

Ceux qui souhaiteraient plus de détails peuvent consulter avec le lien suivant les quelques pages d’un ancien texte de l’abbé Carlier édité par la Bibliothèque Nationale :http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k206376n/f278.image

En 1729 cette propriété fut vendue et devint une ferme. A-t-elle été poste forestier entre temps ?

Je me souviens qu’étant enfant on y venait regarder des dresseurs de chiens d’attaque qui évoluaient dans son parc.

Les environs de cet endroit restent un but de promenade très prisé des habitants de la région car très calme et propice aux rencontres giboyeuses.

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Calendrier révolutionnaire

Posté par Bernard POULET le 19 décembre 2010

L’état civil de la commune a du faire face à un problème d’enregistrement lorsque l’empereur Napoléon 1er a décidé de revenir à l’ancien calendrier dit grégorien.

L’article 4 de l’arrêté impérial du 24 fructidor an 13 spécifie et donne pour instruction à toutes les communes de France d’enregistrer les naissances, baptêmes, mariages et décès selon les jours, mois et années de l’ancien calendrier.

Le calendrier républicain de douze mois de trente jours commençait le 1er vendémiaire an 1 (22 septembre 1792) et se terminait le 30 fructidor. Une année de 365 jours composée de 12 fois 30 jours + 5 jours « complémentaires » : les 17, 18,19, 20 et 21 septembre.

On imagine le casse-tête qu’a représenté le changement de référence dans les enregistrements d’état civil.

A Saint-Sauveur le registre en cours est arrêté et clos le 10 ventôse an 14 ( 11 septembre 1805) à six heures du soir. Néanmoins les actes y seront encore consignés jusqu’ au 31 décembre 1805. (10 nivôse an 14). Voir copie de l’acte ci-dessous:

Calendrier révolutionnaire dans Histoire locale pdf calendrierrvolutionnairesuppressionstsauveur.pdf

Un nouveau registre est ouvert pour enregistrer les évènements à partir du 1er janvier 1806 jusqu’au 31 décembre 1806 (voir copie acte ci-dessous).

pdf dans Vie administrative et sociale calendriergrgorienrtablistsauveur.pdf

Ce changement avait eu lieu en sens inverse le 1er vendémiaire an 1 (22 septembre 1792).

Les généalogistes ont vite surmonté ce problème de chronologie grâce aux logiciels spécifiques, mais à l’époque nos ancêtres ont dû s’arracher les cheveux…

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