Les aubes tournantes

Posté par Bernard POULET le 4 mai 2010

C’était un dimanche ensoleillé de 1953.

Mes oncle, tante, et leurs trois enfants avaient fait la route de Corbeil pour une réunion de famille exceptionnelle: mes trois cousins venaient se faire baptiser à Saint-Sauveur, le village de leurs ancêtres.

Un baptême n’était pas une mince affaire pour l’époque. Le déplacement avec trois très jeunes enfants et le confort d’une Renault “prairie” avait quelque chose d’épique.

La famille se rendit à l’église après avoir paré les petits postulants au baptême de leur plus beaux atours.

Le clocher venait de recevoir une modernité rare : les cloches obéissaient depuis quelques jours à un système électrique de sonnerie. Un tableau de commande permettait, depuis un petit réduit donnant dans l’entrée de l’église, de choisir le type et la durée des carillons.

Le curé nous attendait en compagnie des enfants de choeurs et de deux autres familles qui présentaient également des jeunes enfants au sacrement de baptême.

Après que les présentations furent faites la cérémonie put commencer et l’officiant demanda aux parents, marraines et parrains de faire cercle autour des fonts baptismaux.

Les enfants étaient portés dans les bras de marraines au premier rang, et le reste de l’assistance, compte tenu du nombre de personnes présentes, devait se tenir en retrait.

Le prêtre, qui avait noté les prénoms des cinq poupons sur un petit papier, commença la célébration en précisant dans l’ordre les prénoms des baptisés en les désignant de la main.

Les marraines, facétieuses, changèrent de place subrepticement et l’ordre des  nourrissons s’en fut modifié.

Le pauvre abbé Lambert voyait bien que quelque chose avait changé mais il lisait toujours son petit papier lorsqu’il fallait désigner les enfants par leur prénom dans le cérémonial…

Je ne sais pas si cela était important dans le rite de la cérémonie mais Olivier devint Bernard, Bernadette devint Yves, … Sous les fou-rires étouffés de l’assistance.

La cérémonie terminée le curé proposa à chaque parrain et marraine, comme il le faisait depuis l’installation du nouveau système de sonnerie,  de lancer une volée de cloches en tournant chacun la minuterie pour une durée de trois minutes.

Avec une certaine malice chacun à son tour vint tourner la manette en forçant un peu sur la durée. il y avait dix parrains et marraines plus les parents qui ne voulurent pas être en reste.

Cet après midi là le clocher carillonna en fête pendant presqu’une heure au grand étonnement des habitants du village.

Je n’étais pas bien vieux ce jour là mais je garde le souvenir d’un dimanche très joyeux.

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La Mabonnerie

Posté par Bernard POULET le 17 février 2010

C’est un lieu-dit situé sur le territoire de Verberie mais qui est communément admis comme faisant partie de Saint-Sauveur.

A l’origine un hameau de quelques maisons (trois ou quatre) groupées près d’une bâtisse que selon les habitudes on appelle château ou manoir.

lamabonnerie.jpg

Le nom Mabonnerie viendrait du patronyme d’un des premiers occupants qui était le sieur Mabon.

Avec l’accent local le mot Mabonnerie se disait « mabon-nrille », mot qui déformé par la transmission orale est même devenu « la Bandrille ».

Son histoire est difficile à retracer car peu de documents existent à son sujet.

Il semblerait que la construction du manoir repose sur des fondations qui datent du 12ème siècle. De nombreuses adjonctions et modifications ont été faites au fil des ans. L’exceptionnel pigeonnier, rabaissé de quelques mètres par rapport à l’origine, surmonte la partie la plus ancienne de la construction.

mabonnerie004.jpg     mabonnerie002.jpg

Le château est déjà mentionné sur des cartes et documents du milieu du 14ème siècle.

Jeanne d’Arc y serait passée lors des évènements qui ont fini tragiquement pour elle. Elle y aurait oublié sa fameuse épée aux cinq croix. Cette arme était conservée dans une bretèche du château jusqu’en 1914, date depuis laquelle elle est disparue. Fait de guerre, occupants sans scrupules, collectionneur opportuniste ou simple légende ?

En 1750 le pont-levis qui enjambait le fossé a été détruit. il n’en reste que les appuis dans le mur de façade.

A la fin du 18 ème siècle le plan cadastral du hameau de la Mabonnerie était assez différent de celui que l’on connait aujourd’hui:

La Mabonnerie dans Architecture, voirie pdf cadastreverberiemabonnerie17831.pdf

De nombreux propriétaires se sont succédés sans qu’il en soit possible d’en rédiger une liste exhaustive. L’un d’entre eux adjoignant une parcelle au parc a fait détourner la route pour qu’elle passe plus loin du château.

mabonneriecarte.jpg

Dans les années 1850 les protestants se sont cachés dans le hameau pour y exercer leur culte, alors considéré comme maléfique et contraire aux bonnes pensées.

Le pasteur Crétin organise des réunions dans la maison d’un chiffonnier puis dans l’atelier du bordurier Joseph Armand.

Contrarié par ces pratiques pas très catholiques, l’abbé Houbaine, curé de Saint-Sauveur, signale ces faits aux gendarmes qui tentent de surprendre les participants à une réunion au domicile de la famille Cadot-Laudigeois. La maréchaussée fait chou-blanc car l’abbé dénonciateur s’est malheureusement (pour lui) trompé de jour. Il sera déplacé par sa hiérarchie à titre de réprimande.

Les Allemands auraient réquisitionné le château pendant la dernière guerre en reléguant les propriétaires dans les communs.

Une imprimerie a même fonctionné dans les bâtiments situés en bordure de rue.

Le temps et les différents occupants ont plus ou moins affecté le domaine mais il est redevenu depuis quelques années un monument dont la région peut être fière.

Grâce aux démarches de l’actuel propriétaire, cette « maison forte » a reçu le label du patrimoine historique le 12 septembre 2007.

Que soit ici remercié Monsieur Chesbeuf qui a gentiment accepté de nous donner maintes précisions sur cette demeure dont les murs ont une âme.      

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Le catéchisme dans les années 50

Posté par Bernard POULET le 2 octobre 2009

Les parents qui souhaitaient que leurs enfants aient une éducation catholique les inscrivaient comme aujourd’hui aux cours de catéchisme.

Contrairement à l’école où les garçons étaient séparés des filles, nous étions regroupés par tranches d’âges sans tenir compte de cette différence.

Le « caté » avait lieu chaque jeudi en dehors des vacances scolaires dans les locaux de l’ancien presbytère (maintenant la boulangerie).

on y entrait par un grand portail sur le côté de la façade. Le jardin dégageait dès qu’on y pénétrait une odeur de buis caractéristique. De petites haies de cette essence subsistaient de l’ancien aménagement fait par le dernier curé qui avait occupé les lieux (le curé Menerat jusqu’en 1947).

la porte de la salle de caté était située tout de suite à gauche en arrivant dans l’étroite cour qui longeait toute la maison.

L’enseignement était dispensé selon les tranches d’âges par Monsieur le curé lui-même (l’abbé Lambert) ou par une des dames qui se partageaient cette tâche. Pour ma part, durant les quelques années pendant lesquelles j’ai fréquenté les lieux, j’ai eu comme catéchistes Madame Ruelle, Marie-Josephe Eb, Madame Courcy, et l’abbé Lambert.

Madame Ruelle arrivait à la salle après avoir monté toute la route de Compiègne avec son vieux vélo noir muni d’un gros panier devant le guidon. Marie-Josephe venait en général à pied puisqu’ habitant pas très loin de là. Quant à Monsieur le curé qui logeait au presbytère de Saintines, il arrivait au volant de sa 2CV ou quelques fois à moto. C’est ce moyen de transport que nous préférions car cette arrivée pétaradante mettait un peu de distraction dans la monotonie de l’après midi qui suivait.

L’abbé Lambert était asthmatique  et ne se séparait jamais d’une sorte de poire qu’il utilisait en cas de toux pour surmonter sa crise. Cela nous faisait rire sous cape mais nous impressionnait.

La salle était vétuste et mal éclairée. Une grande table de bois trônait au milieu de la pièce, entourée de chaises et de bancs boiteux. Le sol était recouvert d’un carrelage genre tomette rouge patiné par les pas des prêtres qui avaient occupé les lieux. Les carreaux avaient été fêlés par les chutes des bûches de chauffage. Une ampoule unique pendant du plafond complétait la lumière du jour qui peinait à entrer par les deux petites fenêtres donnant sur la rue.

Il est arrivé plusieurs fois que lorsque c’était le tour de Madame Courcy, le cours de catéchisme avait lieu chez elle, au bas de la rue Aristide Briand. Cela ne se faisait que lorsque nous n’étions pas trop nombreux car la salle à manger de Madame Courcy était plutôt exigüe.

J’ai participé ainsi pendant deux ou trois ans à ces jeudis après-midi qui ne m’ont pas laissé de mauvais souvenirs malgré la contrainte que cela représentait dans l’emploi du temps de l’enfant que j’étais.

Les cours de catéchisme ont été par la suite transférés dans la maison des soeurs à la sortie du village vers Béthisy.

 

 

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Les représentants des cultes

Posté par Bernard POULET le 9 novembre 2007

Une église catholique et un temple protestant sont les principaux lieux de culte à Saint Sauveur.

glisedesaintsauveurseule.jpg                            templeprotestant.jpg

Les curés de la paroisse sont, depuis le XVII ème siècle: (source Camille Gouret)

  • 1626 Jean WIART
  • Robert WIART
  • 1632 Roland VIART
  • 1654 Jean BERNIER
  • 1662
  • 1668 Gabriel de VUALI
  • 1674 Jean Baptiste LEBRUN (premier registre paroissial)
  • 1688 le père HENNEQUIN
  • 1689 Jean LEPAPE
  • 1692 le père DUTERTE
  • 1700 François BOUCHER
  • 1718
  • 1719 Nicolas de ROUVROY
  • 1727 Julien Claude BRULARD
  • 1732 Paul François ALLEAU
  • 1751 Hugues Jacques de CAPEAUMONT
  • 1764 François HORNET
  • 1793
  • 1807 le père GODEBERT
  • 1807 François HORNET  (inhumé dans l’église)
  • 1827 Cure rattachée à Saintines
  • 1842 Claude BONTEMPS
  • 1848 E. HOUBAINE
  • 1852 Jacques Augustin SEVIN
  • 1883 Pierre CAUTRET
  • 1893 Cure rattachée à Saintines
  • 1897 Victor MENERAT
  • depuis 1947 la paroisse de Saint Sauveur est desservie par les curés de Saintines.
  • Raymond LAMBERT
  • 1970 Léon GRUART
  • Philippe PAMART
  • Jacques MONFORT
  • la paroisse de Béthisy Saint Pierre prend le relai…
  • Antoine NGUYEN

La première installation de l’église protestante pour la vallée de l’Oise se serait faite à Saint Sauveur au début du dix-neuvième siècle. En février 1985 cette église s’est déplacée à Compiègne.

  • 1874 Pasteur LEMAIRE (inauguration du temple le 25 octobre 1874)
  • 1925 Pasteur ROUSSEAU
  • Pasteur GUEGUIN
  • 1960 Pasteur ROUSSEAU
  • 1975 Pasteur THOBOIS
  • 1992

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