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Les jeux d’extérieur dans les années 50

Posté par Bernard POULET le 25 février 2014

 

Il fallait nous occuper avec de rares jouets et accessoires, mais la taille de notre terrain de jeux compensait largement le manque.

Un jokary, un tir aux pigeons et une vieille trottinette étaient mes jeux favoris quand le temps était beau.

Je me souviens avoir joué avec une voiture à pédales rouge qui voulait ressembler à une jeep et à laquelle mon frère avait ajouté un tableau de bord sous le volant.

Ce tableau de bord s’inspirait de celui de vraies voitures, avec des boutons faits de vis à tête chromée et un cadran dessiné au crayon.

auto à pédales 

Comme nous n’avions pas le droit de jouer sous le noyer sous peine « d’attraper la mort », mon oncle Robert avait suspendu une balançoire à une grosse branche de pommier dans le pré voisin qui appartenait à ma grand-mère. Les jours d’été nous passions des heures à nous balancer.

Nous pouvions aussi en passer d’autres à attraper des sauterelles et à faire des galipettes avec les cousines dans l’herbe drue.

Nous attendions avec impatience la pousse des feuilles sur les branches qui allaient nous servir de matériaux pour la construction de cabanes en forêt.

C’était interdit de couper les branchages, mais le fait d’avoir pour compagnons de jeux les fils du garde forestier nous donnait tous les droits.

Il restait encore de nombreuses tranchées de la seconde guerre mondiale. Il suffisait de les recouvrir d’une charpente de grosses branches, recouverte à son tour de branches plus serrées puis de feuilles mortes.

De telles cabanes étaient pratiquement invisibles pour les bandes rivales qui n’auraient pas manqué de les démolir, tout comme nous aurions démoli les leurs.

Avec des moyens de fortune, nous construisions, selon la saison, des chariots ou des traîneaux. Ils nous permettaient de nous griser de vitesse et de nous érafler les genoux et les coudes, en descendant les sentiers pentus.

 chariot

Nous nous amusions parfois à barrer le lit d’un ruisseau avec des branches et de la boue, comme le font les castors. Le niveau montait jusqu’à provoquer une faille irrémédiable dans notre édifice : les flots emportaient alors tout le barrage en bouillonnant bruyamment.

Nous fabriquions des arcs, des flèches et des javelots avec des branches de noisetiers rectilignes.

Une branche en forme de fourche et un morceau de chambre à air se prêtaient facilement à la confection d’un lance-pierre.

Le bois creux du sureau devenait un sifflet ou un mirliton après séchage de sa moelle et évidage du morceau choisi pour son absence de nœud.

 sifflet sureau

Les pistolets à amorces apparurent. Ils étaient en métal voisin du zamak. Ils claquaient sec lorsque le chien venait frapper la série de petites charges de poudre contenue dans le papier du rouleau. Ce dernier avançait d’un pas à chaque tir.

Ces armes étaient inoffensives contrairement aux pistolets à bouchons. Les bouchons renfermaient une quantité de poudre plus importante et projetaient parfois des poussières fumantes et incandescentes.

Plus scabreux était l’exercice qui consistait à grimper le plus haut possible sur de jeunes arbres flexibles jusqu’à ce qu’ils se courbent sous notre poids et que nos pieds touchent le sol. Nous appelions cela faire « pliette ».

Grâce aux lianes tombant des hautes branches nous pouvions jouer les Tarzan avec cependant moins d’adresse et d’efficacité que notre modèle. Parfois la liane cédait…

A l’automne, fruits et baies faisaient notre délice. Noisettes, faînes, mûres, nèfles et framboises se dégustaient sur pied. Les taches sur nos vêtements rendaient compte du menu de l’après-midi.

Nous étions bien loin des jeux électroniques et autres consoles mais l’imagination en remplaçait avantageusement la technicité…

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La radio et la télévision

Posté par Bernard POULET le 13 février 2014

La radio était avec le journal, la seule façon de s’informer et de se distraire, seul ou en famille.

Le poste trônait au centre du buffet de la cuisine, sa façade s’illuminait dès qu’on le mettait en marche.

poste radio   

Les postes de radio étaient dits « à lampes ». Les premiers postes portatifs, de ce fait, consommaient énormément de piles ! Le transistor n’est apparu que plus tard.

Les principales stations étaient Paris Inter, Radio Luxembourg et Radio Monte-Carlo, puis vint Europe n°1. Elles n’émettaient qu’en grandes ou moyennes ondes, mais nous parlions de « petites ondes » pour désigner les moyennes.

Les informations de midi, avec le célèbre Jean GRANDMOUGIN et celles du dimanche avec Geneviève TABOUIS, sont inoubliables. La fin du bulletin de GRANDMOUGIN était pour moi le signal du départ pour l’école.

Nous avons tous écouté les émissions cultes de l’époque : « Quitte ou double ! » avec Marcel FORT, « Ça va bouillir », et le « Crochet radiophonique » avec Zappy MAX, « Vingt questions » , « Le Gendarme de Champignol » avec Jean RICHARD, « Risque tout » avec Marcel FORT, « La Reine d’un jour » avec Jean NOHAIN, « Sur le banc » avec Jeanne SOURZA et Raymond SOUPLEX, « Cent francs par seconde » avec Jean-Jacques VITAL, « L’Homme des vœux Bartissol », « La Famille Duraton » avec Jean CARMET, « Le Lampiste Le Guignon » avec Yves DENIAUD, « Dans les mailles de l’inspecteur Vitos, « Le Club des chansonniers » avec Jacques GRELLO, Robert ROCCA, Pierre-Jean VAILLARD, Jacques MAILHOT…

Ces émissions étaient patronnées par des marques de lessives ou autres produits de consommation courante.

Leurs slogans publicitaires, on disait « les réclames », résonnent encore aux oreilles de toute une génération :

  • Omo est là et la saleté s’en va !
  • André, le chausseur sachant chausser.
  • Du beau, du bon, Dubonnet !
  • Pour moi garçon, Pschitt citron, pour toi cher ange, Pschitt orange.
  • Et badadi et badada, la meilleure eau, c’est la Badoit !
  • Un entremets Francorusse au dessert, c’est un régal que l’on sert !
  • Ambassadeur ! Quelle excellence !
  • Bourjois avec un J comme joie !

Quelquefois le poste de radio comportait un tourne-disque dans sa partie supérieure, mais les fameux Teppaz n’allaient pas tarder à apparaître.

             teppaz

Les trente-trois tours existaient en deux formats et les quarante-cinq tours comptaient quatre morceaux par disque.

La télévision a fait son arrivée à Saint-Sauveur au début des années cinquante.

Madame VERDAVOINE est restée longtemps la seule personne dans le village à posséder un poste. Elle en faisait volontiers profiter tout le voisinage.

      téléviseur

C’était soit un véritable meuble, encombrant et lourd, soit un gros poste posé sur une table roulante. L’écran, tout petit, donnait une image fréquemment perturbée par des parasites. Il était plus souvent occupé par une fameuse mire à damier que par un programme.

sigle eurovision

Un gros bouton, généralement situé sur le flanc de l’appareil, servait à régler une image qui avait tendance à défiler de haut en bas.

L’école fut bientôt équipée d’un téléviseur grâce auquel les instituteurs nous faisaient profiter d’émissions à caractère éducatif. Il était installé sur une table roulante, ce qui permettait de le déplacer d’une classe à l’autre.

Certains soirs, les instituteurs l’utilisaient pour regarder les matches de football…

Les émissions n’occupaient que quelques heures dans la soirée. On ne disposait que d’une chaîne, ce mot était d’ailleurs inconnu. On disait : la Radio Télévision Française.

Lors des grandes occasions, le quincaillier Achille DUMEZ plaçait un poste de télévision dans la vitrine du Central Bazar. On pouvait, de la rue, assister à l’arrivée du tour de France au mois de juillet.

Un peu plus tard, vers 1963, est née la deuxième chaîne qui nécessitait l’installation d’une deuxième antenne, ce qui a fait dire à certains :  » Comment fera-t-on lorsque nous aurons encore plus de chaînes ?  »

C’est à cette époque qu’est apparu le célèbre indicatif « Eurovision ».

eurovision 

Les publicités étaient absentes des programmes qui étaient présentés par des speakerines. Certains noms me reviennent : Catherine LANGEAIS, Jacqueline CAURAT et Jacqueline HUET.

Jean NOHAIN avec 36 chandelles, Pierre TCHERNIA et Roger LANZAC avec la Piste aux étoiles, Raymond MARCILLAC avec Télé Dimanche figurent parmi les pionniers des présentateurs.

On se souvient d’émissions culte comme Ivanhoé, la Vie des animaux, la Séquence du spectateur, les Cinq dernières minutes, 5 colonnes à la une…

horloge ortf

      

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le chauffage dans les années 50

Posté par Bernard POULET le 11 février 2014

Notre maison était chauffée au bois comme la plupart des habitations de la région à cette époque. Il nous fallait en assurer l’approvisionnement.

Le bois, disponible dans la forêt proche, n’en était pas moins lourd et encombrant. Son ramassage pouvait même être interdit dans certaines conditions.

Nous partions pour l’après midi avec une brouette ou une remorque à bras, des cordes pour attacher le bois ou pour nous sortir d’éventuelles mauvaises passes.

Scies égoïnes et serpes faisaient partie de l’expédition, bien qu’interdites : on les cachait dans des sacs en jute au fond de la brouette.

Aux remorques on préférait la brouette à roue de bois cerclée d’acier. Elle était plus facile à manier dans les passages étroits et difficiles.

Pour faire tomber les branches sèches hors d’atteinte, nous utilisions un crochet ou une ficelle munie d’un écrou à son extrémité, ce qui lui permettait, une fois lancée, de s’enrouler autour de la branche convoitée. Il ne restait plus alors qu’à tirer pour que la branche (ou la ficelle…) casse.

Les chablis, arbres secs déracinés et couchés, ainsi que les grosses branches mortes étaient nos proies favorites. Elles finissaient coupées en un mètre, en travers de la brouette.

brouette

Nous rehaussions le dosseret de la brouette pour en empiler davantage, et ma mère, qui poussait le chargement, voyait à peine devant elle, tant il était haut.

Les passages boueux, parfois à gué de ruisseau, devaient être franchis en tirant la brouette avec une corde. Il est arrivé plus d’une fois qu’une cargaison bascule dans un bourbier.

Les hommes du quartier transportaient de longs chargements de branches et de petits arbres sur leurs épaules. On disait qu’ils ramenaient des épaulées. Il fallait prononcer : « épaulayes ».

Certains remplaçaient la selle de leur vélo par un deuxième guidon qui formait un berceau avec le premier supportant le long et pesant fardeau. Ils revenaient au village en marchant à côté de la bicyclette lourdement chargée.

En rentrant à la maison, le bois devait être stocké, de préférence à l’abri de la pluie, en attendant d’être débité en bûches de trente centimètres, longueur adaptée à l’ouverture de la cuisinière.

Le bois de chauffage était débité avec une scie circulaire montée sur un châssis de chêne et entraînée par un moteur électrique. Pour les grosses bûches, elle était entraînée par un moteur à essence monocylindre qui, un jour, me fit une grande frayeur : la courroie reliant la scie au moteur se rompit et le lourd moteur, monté sur un cadre métallique, se mit à dévaler la pente de la cour en faisant des bonds au rythme des va et vient de son énorme piston.

J’étais bien sûr le seul à avoir eu peur car ce monstre d’acier incontrôlé avait été impressionnant seulement pour l’enfant de dix ans que j’étais. Mes parents et mon frère s’étaient bien moqués de moi.

L’hiver, on allumait la cuisinière avec des brindilles tous les matins. C’était la tâche des enfants de remplir chaque jour un panier de petit bois. Bien que facilité par la proximité de la forêt de l’autre côté de la rue, ce travail était perçu comme une corvée.

Il arriva plus d’une fois que le panier ne fût plein qu’en apparence : un mince étage calé dans la partie supérieure du panier faisait croire à un ravitaillement débordant…

Le travail d’artiste qu’était cette duperie enfantine prenait en fait beaucoup plus de temps qu’il n’en aurait fallu pour remplir un plein panier.

Le matin nous étions réveillés par le bruit de la grille de la cuisinière, qu’on secouait pour faire tomber la cendre de la nuit. Les quelques braises qui subsistaient permettaient parfois de rallumer le feu plus rapidement qu’avec du papier et du petit bois.

Le bois fut le seul moyen de chauffage de la maison jusqu’à l’arrivée d’un poêle à mazout qui, installé dans la salle de bain, contribua au confort de la toilette à partir de 1958.

L’hiver, sur la fenêtre de la chambre, il n’était pas rare de voir, dans la lueur du matin, les superbes motifs irisés dessinés sur les vitres par le givre.

Les soirs d’hiver, au moment de se coucher dans une chambre non chauffée, le lit était une vraie glacière.

Pour atténuer la froideur des draps, nous disposions au fond du lit une bouillotte ou une brique préalablement chauffée dans le four de la cuisinière puis enveloppée d’un linge afin qu’elle ne nous brûle pas les orteils.

bouilotte

Dans sa partie basse, la cuisinière comportait une sorte d’étuve où nous rangions nos chaussons pour qu’ils soient bien chauds au moment de les enfiler.

Un soir, après avoir chaussé nos pantoufles, des miaulements faibles, comme lointains, se firent entendre. Notre chat, Pompon, devait être en difficulté. Après avoir cherché dans toute la maison, nous le découvrîmes, la langue pendante, dans l’étuve qui s’était refermée sur lui alors qu’il s’était assoupi bien au chaud…

cuisinière b

Pour que le dessus en fonte de la cuisinière reste brillant, il fallait de temps en temps le frotter avec une toile émeri fine pour supprimer les salissures dues aux débordements des cuissons.

Ma mère affûtait régulièrement ses couteaux sur la cuisinière comme sur un fusil de boucher. Le frottement des lames en avait d’ailleurs arrondi et usé tout un angle.

Le feu devenait parfois si violent que le tuyau qui sortait du fourneau rougissait. On tournait alors la clé pour couper le tirage. La fumée se répandait dans la cuisine, et nous devions ouvrir la fenêtre malgré le froid.

Vers 1960 le chauffage central apparut, une installation traditionnelle sans ballon d’eau chaude, ni régulation, ni pompe. L’eau circulait dans les tuyauteries et dans les radiateurs par différence de densité entre l’eau chaude et l’eau refroidie.

La chaudière était alimentée avec du bois comme la cuisinière.

C’est seulement vingt ans plus tard que l’arrivée du gaz naturel à Saint-Sauveur permit l’installation d’une chaudière fonctionnant avec ce combustible nouveau.

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Les médecins

Posté par Bernard POULET le 16 octobre 2012

Après la guerre, Saint-Sauveur avait un médecin : le Docteur Mottelet. Son cabinet était situé au premier étage de son domicile rue Roger Salengro (dans le quartier appelé le chêne).

Cependant certains habitants faisaient appel à des médecins extérieurs au village : les docteurs Morinière de Béthisy-Saint-Pierre et Seron de Verberie par exemple.

Le docteur Mottelet avait joué un rôle important dans les soins apportés aux résistants pendant la période mouvementée des années 1941 1944.

Il faisait partie de ces généralistes  de campagne qui pratiquait à peu près toute les interventions mineures : suturer une plaie ou éliminer des excroissances de peau lui étaient des actes familiers. Il visitait ses patients les plus exposés même le dimanche.

Sa 2CV sillonnait les rues du village à toute heure et l’été on pouvait le voir arriver en short et chemise à fleurs pour prendre des nouvelles d’un malade.

Pour les séances périodiques de vaccinations les enfants concernés étaient invités à se présenter chez lui. On les alignait dans le couloir du premier étage et le docteur les vaccinait en série.

On procédait aussi régulièrement aux ablations d’amygdales au domicile du docteur Mottelet. Pour cette occasion un spécialiste se déplaçait de Compiègne (le docteur Barreau). L’enfant à opérer était assis sur une chaise dans le cabinet et on l’enveloppait d’un grand drap ne laissant dépasser que la tête pour l’opération

Le nombre de téléphones était très réduit  à cette époque. Lorsque l’on souhaitait avoir la visite du Docteur Morinière on en faisait part au Maire André Danne qui  faisait office de relais pour cette fonction. Un chiffon blanc était accroché à la grille de celui-ci pour signaler au docteur que quelqu’un l’avait demandé dans le village.

À la suite d’un accident grave le docteur Mottelet a dû arrêter son activité et un cabinet de plusieurs médecins s’est installé face à l’école. Les docteurs Cogez, Chaperon, Courtalhac, puis, plus tard Juszczack, Maugy, Delenbach ont composé ce cabinet.

Les docteurs Cogez et Chaperon ont quitté les premier Saint-Sauveur. Je me souviens de discussions quelque peu hors sujet avec eux lors de consultations…

On dit qu’ « une pomme chaque matin éloigne le médecin ». C’est ce que j’ai fait : et le cabinet  s’est éloigné en se transportant à La-Croix-Saint-Ouen dans les années 2000.

À ce jour nous n’avons plus de médecin à Saint-Sauveur.

Cependant nous sommes dans une zone considérée comme satisfaisante en matière de présence médicale car nous bénéficions de la présence de 62 médecins généralistes pour 100000 habitants (proximité moins de 30mn). les statistiques oscillent entre 15 et 120 pour 100000 habitants.

La pharmacie qui s’est installée dans le village à la place de l’ancien café-tabac Lunardi est maintenant la seule officine médicale avec le dentiste installé en 2013.

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Les pompiers de Saint-Sauveur

Posté par Bernard POULET le 25 mars 2011

Les sapeurs-pompiers ont une fonction bien connue de nos jours. Mais dans nos villages, les premiers volontaires, bien que bénévoles, eurent à apprendre un métier pour lequel le dévouement et l’assistance à autrui sont la règle d’or.

De plus leur rôle a évolué. Ils ne sont plus seulement les « soldats du feu », ils doivent faire face à des situations diverses telles que les accidents, les inondations et autres aléas de la vie courante.

La compagnie de Saint-Sauveur a été créée en 1956 (l’adduction d’eau a-t-elle été le déclencheur ?) Avant cette initiative les incendies étaient combattus par les riverains et voisins avec des seaux de toile qu’on remplissait dans les puits les plus proches.

Les pompiers de Saint-Sauveur dans Vie administrative et sociale pompiers-1960-300x218

Sur cette photo on reconnait les premiers sapeurs pompiers de la compagnie

Sur le registre de la compagnie est consignée chaque entrée de nouveau sapeur. Il lui est donné un matricule qui est unique par compagnie et attaché à un seul membre.

La durée d’engagement est de cinq ans selon les termes du registre. Le contrat peut être renouvelé par tranches de cinq ans.

on peut compter 47 engagements dans le registre qui se termine en 2005. La gente féminine y est représentée par 3 sapeurs.

le matricule numéro 1 pour Saint-Sauveur correspond à Maurice Martin qui occupa le poste de Chef de Corps jusqu’en 1972 avec le grade de capitaine.

En 1975 Paul Lambert, matricule 3, est nommé sergent chef de corps et le restera jusqu’en 1983.

Pendant trois ans c’est Daniel Rutkowski qui prend le commandement de la compagnie.

En 1986 Patrick Boulay, matricule 24, devient sergent chef de corps.

On peut noter que les nominations sont aujourd’hui orchestrées et contrôlées au niveau départemental alors qu’aux premiers temps c’était la commune qui décidait des grades et nominations.

La durée de service a dépassé vingt ans pour huit sapeurs avec un record de trente ans qui semble être détenu par les matricules 22 et 24 : Yves Leplongeon et Patrick Boulay.

On devient pompier par volontariat et la recrue s’engage à suivre une formation technique et de secouriste. Un examen médical vient sanctionner le tout. On peut être pompier à partir de 18 ans et jusqu’à 55 ans.

Le Centre de Première Intervention de Saint-Sauveur dépend du Centre de Secours de Verberie qui lui-même dépend du Centre de Secours Principal de Pont-Sainte-Maxence.

Il est équipé d’un J9 Peugeot qui est le véhicule standard départemental pour un CPI (à la création une ancienne estafette de la gendarmerie repeinte en rouge faisait l’affaire).

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Chaque pompier dispose de deux tenues: une tenue de feu et une tenue d’apparat. Un équipement spécial pour intervenir sur les essaims est disponible.On peut voir à quel point les casques ont évolué en quelques décennies: (notez que l’ancien casque portait le nom de notre village)

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Le local utilisé est actuellement un hangar des anciens ateliers Ponssard. Les matériels ont successivement occupé des lieux comme l’ancienne ferme Capelier, le garage face à la mairie, les locaux face au garage Citroën.

La principale intervention depuis l’origine de la compagnie a été l’incendie du magasin de fourrures à l’emplacement de la mairie.

En cas de sinistre le centre départemental qui reçoit l’appel par le 18 répercute le signal par un « bip » aux membres du Centre de Secours concerné. Les pompiers se rendent au local et les premiers arrivés trouvent le message fax qui a été transmis par le centre départemental et partent sans délai. Le fax leur décrit la nature et le lieu du sinistre.

Les appels faits par le 18 sont enregistrés pour éviter et sanctionner les abus.

Budget de la compagnie : une subvention de la commune, des dons à l’occasion d’interventions et la vente de calendriers de fin d’années forment l’essentiel des revenus.

Ces quelques subsides permettent d’organiser des voyages et un banquet de fin d’année, de reverser quelques fonds au profit des pupilles des sapeurs pompiers et de payer les différentes primes d’assurances.

une photo de groupe affichée dans le local rappelle la composition de la compagnie dans les années 90:

 pompiers011.jpg

Je tiens à remercier Francis Dhoury qui m’a fourni tous ces renseignements et m’a permis de faire les quelques photos qui illustrent cet article.

 

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Calendrier révolutionnaire

Posté par Bernard POULET le 19 décembre 2010

L’état civil de la commune a du faire face à un problème d’enregistrement lorsque l’empereur Napoléon 1er a décidé de revenir à l’ancien calendrier dit grégorien.

L’article 4 de l’arrêté impérial du 24 fructidor an 13 spécifie et donne pour instruction à toutes les communes de France d’enregistrer les naissances, baptêmes, mariages et décès selon les jours, mois et années de l’ancien calendrier.

Le calendrier républicain de douze mois de trente jours commençait le 1er vendémiaire an 1 (22 septembre 1792) et se terminait le 30 fructidor. Une année de 365 jours composée de 12 fois 30 jours + 5 jours « complémentaires » : les 17, 18,19, 20 et 21 septembre.

On imagine le casse-tête qu’a représenté le changement de référence dans les enregistrements d’état civil.

A Saint-Sauveur le registre en cours est arrêté et clos le 10 ventôse an 14 ( 11 septembre 1805) à six heures du soir. Néanmoins les actes y seront encore consignés jusqu’ au 31 décembre 1805. (10 nivôse an 14). Voir copie de l’acte ci-dessous:

Calendrier révolutionnaire dans Histoire locale pdf calendrierrvolutionnairesuppressionstsauveur.pdf

Un nouveau registre est ouvert pour enregistrer les évènements à partir du 1er janvier 1806 jusqu’au 31 décembre 1806 (voir copie acte ci-dessous).

pdf dans Vie administrative et sociale calendriergrgorienrtablistsauveur.pdf

Ce changement avait eu lieu en sens inverse le 1er vendémiaire an 1 (22 septembre 1792).

Les généalogistes ont vite surmonté ce problème de chronologie grâce aux logiciels spécifiques, mais à l’époque nos ancêtres ont dû s’arracher les cheveux…

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évolution administrative de Saint-Sauveur

Posté par Bernard POULET le 1 décembre 2010

Le village compte au dernier recensement environ 1600 habitants. En baisse légère depuis une quinzaine d’années.

La population au début du 18ème siècle était de moins de 600 âmes réparties en 170 « feux ». Elle ne franchira le seuil des 1000 habitants qu’au tout début du 20ème siècle.

Les habitants dépendaient du seigneur de Saintines lui-même rendant compte à la châtellenie de Verberie puis de Béthisy au sein du duché de Valois.

Son nom était à l’origine Giromesnil en référence à l’évêque de Soissons Giraud qui y possédait un mesnil (maison).Cet orthographe a été aussi Géromesnil. Son nouveau nom lui est attribué à la suite de la construction de la chapelle dédiée au Saint-Sauveur vers 1400.

La révolution lui redonne en 1793 son appellation ancienne de Géromesnil qui ne comporte pas de référence à la religion. En 1795 le Directoire redonne les anciens noms aux villes et villages de France : Géromesnil redevient Saint-Sauveur.

Administrativement Saint-Sauveur fait partie du canton de Compiègne sud-est, de l’arrondissement de Compiègne, numéro 597 dans le département de l’Oise.

Ses maires ont été successivement :

  • 1804 M. JUNEAUX
  • 1826 M. MONGLOU
  •           M. LEREAU
  • 1831 Louis François CHORON
  • 1834 Louis François DEMARQUE
  • 1836 Louis François CHORON
  • 1845 Jean-Denis JOREAUX
  • 1870 M. LEQUEUX
  • 1911 Jean Ferdinand BOULET
  • 1919 Albert DEVAUX
  • 1925 Fulgence DANNE
  • 1929 Jules COQUIN
  • 1935 Désiré DUMONT
  • 1938 Jules COQUIN
  • 1942 Pierre BOULON
  • 1944 Robert DUVINAGE
  • 1947 André DANNE
  • 1965 André CHAUSSY
  • 1984 Jean François LALAU
  • 1995 Françoise COURTALHAC
  • 2001 Jean Claude GRANIER

  Saint-Sauveur est une des 15 communes de l’ARC (Agglomération de la Région de Compiègne) après avoir été intégrée dans l’ancienne structure du SIVOM. Le maire en est vice-président.

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La poste dans les années 50

Posté par Bernard POULET le 28 août 2010

Le bâtiment de la poste de Saint-Sauveur est l’ancien presbytère dont la commune reprit possession à l’occasion de la séparation de l’église et de l’Etat en 1905.

A cette époque une grille en bordure de rue entoure une petite cour devant l’entrée. Sur le trottoir trône une borne Michelin qui indique les directions de Compiègne et de Béthisy-Saint-Pierre.

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En entrant dans le bureau de poste (par la même porte qu’aujourd’hui) on est d’abord frappé par l’odeur fétide qui règne dans la pièce. Vieux papiers et manque d’aération en sont responsables. Les petites ouvertures, les barreaux aux fenêtres , la couleur sombre du bois en ajoutent encore à cette ambiance un peu glauque.

Sur le côté gauche et jusqu’à la fenêtre du fond, un comptoir avec soubassement en bois et partie haute grillagée jusqu’au plafond. Le bois a la couleur du bois ciré, mais seulement la couleur.

la tablette du comptoir est poisseuse et un peu collante à cause du nombre de bras et de mains qui sont venus s’y appuyer. Un petit guichet en demi-cercle est aménagé dans le grillage derrière lequel nous accueille la postière.

A droite un petit passage donne sur deux cabines téléphoniques, elles aussi en bois « ciré ». Ce sont pratiquement les seuls téléphones du village.

Elise, fonctionnaire d’un âge certain et d’humeur incertaine est le passage obligé de tous les services qu’on est en droit d’attendre des PTT (on disait alors Postes Télégraphes Téléphone).

Les sketches que l’on a tous entendus à propos des postières ont dû être inspirés de la nôtre. Sourires et amabilité aux abonnés absents.

Pour téléphoner, les Sansalvatoriens n’ont d’autres choix que celui de venir demander à Elise, en attendant leur tour, le 61 à La-Croix-Saint-Ouen par exemple. Faisant fonction d’opératrice locale, la préposée décroche son gros combiné de bakélite noire et demande  à sa collègue au central de Compiègne : « çà va Joceline ? Passé un bon dimanche ? Tu pourrais me passer le 61 à La-Croix-Saint-Ouen ? » . Puis elle raccroche en attendant la communication.

Il faut ensuite attendre, en retrait pour ne pas gêner les autre clients, que Elise, rappelée par sa collègue compiègnoise, lance à la cantonade: « le 61 à La-Croix-Saint-Ouen en cabine 1 « . Le compteur est en marche, il faut se précipiter dans ladite cabine pour parler à son correspondant.

Après avoir raccroché et être sorti de la cabine, Elise annonce : »çà sera quatre francs vingt s’il vous plait ».

Le téléphone est une des principales activités du bureau de poste mais, comme aujourd’hui la vente de timbres, la distribution de colis et de courrier, ou encore la gestion des célèbres livrets d’épargne représentent une grosse activité.

La buraliste est aidée en cela par Gracienne qui la seconde dans les taches administratives et de la factrice (Madame Marin) qui distribue le courrier à Saint-Sauveur. Cette dernière parcourt le village tous les jours avec son vélo lourdement chargé de lettres de tous genres et de colis. Deux caisses de bois sont arrimées à cet effet à l’avant et à l’arrière de sa bicyclette.

La factrice est également porteuse de sommes d’argent importantes car elle délivre les montants des pensions et des mandats à domicile. Elle vend aussi des timbres pour rendre service à des personnes ne pouvant se déplacer.

 

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Les gardes forestiers en 1888

Posté par Bernard POULET le 30 mars 2010

A la fin du dix neuvième siècle les gardes forestiers avaient des devoirs et des pouvoirs qui étaient assez différents de ce qu’ils sont de nos jours.

Ils devaient tenir à jour et porter sur eux en permanence leur « livret pour les préposés forestiers ». Ce livret rendait compte jour par jour de leur activité, leurs constats, et toute anomalie constatée devait y être consignée.

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Ce livret devait être visé par le brigadier si celui-ci était rencontré lors d’une tournée. Imaginons, en pleine forêt, l’aspect pratique d’un carnet d’une centaine de pages de 21cm x 17cm avec un porteplume et un encrier…

Ce livret contenait également dans ses 12 premières pages une description du statut et des pouvoirs des gardes ainsi que des cantonniers dont ils devaient surveiller les travaux.

En voici un résumé de quelques points particuliers :

  • Les gardes forestiers sont officiers de police judiciaire et sont sous serment
  • Ils peuvent dresser procès verbal seuls pour un délit de moins de cent francs.
  • Ils sont assimilés aux huissiers pour citations ou significations.
  • Ils détiennent un mousqueton (Lebel) qui leur est confié pour leurs fonctions.
  • Ils sont exempts de garde nationale
  • Ils leur est interdit de prendre part à tout commerce de bois, de tenir auberge, de chasser, d’avoir des chiens courants.
  • Ils veillent de jour comme de nuit à la conservation des forêts.
  • Ils sont responsables des délits qu’ils n’ont point constatés et passibles dans ce cas de l’amende encourue par les délinquants.
  • Ils doivent toujours porter leur plaque ostensiblement.
  • Ils sont autorisés à saisir et mettre sous séquestre les objets de délits constatés (instruments, animaux, voitures, outils…)
  • Ils sont autorisés à faire des perquisitions en présence d’un juge, d’un commissaire de police ou du maire; ces derniers ne pouvant se refuser à cet accompagnement.
  • Leurs procès verbaux concernant un vol de bois doivent mentionner pour chaque souche: l’essence, les dimensions, l’âge, la couleur, le moment de la coupe et la qualité, de façon à permettre le constat par « rapatronage ».
  • Ils ont le droit de requérir la force publique en cas de besoin.
  • Ils doivent leur concours à la gendarmerie et aux douanes pour les arrestations.
  • Ils doivent signaler à leur hiérarchie tout ce qui est suspect et contraire à la sécurité publique.
  • Leur courrier est en franchise dans le cadre de leurs fonctions.
  • Ils ont droit au tiers des amendes constatées en contravention à la police du roulage.
  • Ils doivent constater les plantations frauduleuses de tabac et sont personnellement responsables de celles qu’ils n’auraient pas signalées.
  • Ils sont tenus des réparations locatives des maisons dans lesquelles ils sont logés.
  • Ils doivent veiller à ce qu’aucune construction relative à l’utilisation ou l’exploitation de bois ne soit située à moins de cinq cents mètres des forêts. Ils portent à ce sujet leur surveillance jusqu’à deux kilomètres des lisières.

Ceci n’est qu’un condensé de douze pages très détaillées qui décrivent également les fonctions des gardes cantonniers et des brigadiers.

Etaient consignées également dans ce carnet les autorisations données pour ramasser ou couper du bois:
achillepouletfaguettes.jpg

Il serait intéressant de comparer ces lignes avec les textes qui régissent aujourd’hui les fonctions des ingénieurs de l’ O.N.F. …

Quelqu’un en a-t-il une petite idée ?

Merci à Monsieur Jean-Jacques Luquet qui a eu la gentillesse de me confier les documents qui m’ont servi à la rédaction de cet article.

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Comment venir chez moi?

Posté par Bernard POULET le 15 octobre 2009

Souvent on nous pose cette question, car pour quelqu’un d’étranger au village, le libellé d’une adresse postale n’est pas toujours aussi clair qu’une bonne explication.

Et bien c’est simple : vous avez un GPS ? Non !  Tant mieux, car la rue de la Roche ne figure toujours pas sur les cartes bien qu’elle existe depuis mai 2004

.ruedelaroche.jpg

Vous connaissez la rue de la Mabonnerie ? C’était le nom de ma rue avant qu’elle soit re-baptisée Rue de la Roche. Mais la rue de la Mabonnerie existe encore…sur ses 500 premiers mètres.

En descendant cette rue ne cherchez pas la pancarte “rue de la Roche” car celle qui a été apposée au coin gauche du carrefour indique “route de la Roche”.

Toutefois prenez garde : quand vous arriverez à proximité de chez nous en descendant la rue vous verrez sur votre droite le panneau “Verberie”. Ne faites pas demi-tour ! Vous êtes quand même encore à Saint Sauveur sur le côté gauche. Et si vous voyez une pancarte sur le côté droit indiquant “rue de la Mabonnerie” c’est que la ville de Verberie appelle toujours ce tronçon “rue de la Mabonnerie”.

Ne comptez pas trop sur la numérotation pour nous trouver; car si notre maison porte bien le numéro 35 indiquant que nous sommes à 35 mètres du début de la nouvelle rue, notre voisin d’en face porte le numéro 16; en effet à Verberie la numérotation n’est pas linéaire et progresse en sens contraire (en démarrant du centre de Verberie).

Ne vous avisez pas de questionner quelqu’un dans le village car peu de gens connaissent la rue de la Roche; et si vous demandez au facteur, veillez à ce que ce soit bien celui de Saint Sauveur, car celui qui distribue le courrier sur le côté de Verberie ne connait que la rue de la Mabonnerie.

Si après toutes ces indications vous ne trouvez toujours pas la maison, passez-nous un coup de téléphone, on vous fera un radio-guidage.

Et si ceux qui nous cherchent sont les pompiers ou le SAMU, c’est beaucoup plus grave…

à ce jour la mairie semble embarrassée et joue les abonnés absents lorsque je remets ce problème à la surface …

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